L’art du détournement publicitaire #4 : La Pratique de Claude Closky

Qu’ils soient issus des mouvements activistes anti-publicitaires ou des pratiques de street-art, qu’ils soient dessinateurs, éditeurs, ou encore humoristes, qu’il soit, comme Claude Closky, artiste reconnu et exposé, tous ont choisi de créer avec comme matière première : la publicité.

Certains la combattent avec vandalisme, d’autres s’en inspirent pour écrire et composer. Certains s’amusent à la plagier avec humour et grossièreté, d’autres la défigurent, la déchiquettent et la transforment avec violence et esthétisme.

Si la publicité déchaîne les passions à travers le monde, c’est certainement parce qu’elle est au fond la métaphore la plus visible et la plus juste d’un capitalisme sauvage et dominant.

Après le détournement de samples, voici une série autour de l’art du détournement publicitaire.

Episode 4 : La Pratique de Claude Closky

Ce qui semble intéresser Closky dans la publicité, c’est son langage, fait de signes, de logos, d’images irréelles, et de messages aguicheurs. La pratique de Closky est comme un jeu, il dématérialise la publicité, la décortique, en extrait ses mots pour les réorganiser avec humour et maniaquerie. Par exemple, la série Guili Guili , de 1996, présente une suite de découpage de pages publicitaires dans lesquelles les modèles, par leur posture, inspirent à l’artiste des onomatopées qu’il ajoute dans des bulles à la manière d’une bande dessinée. Ce procédé, permet de désacraliser habilement le sérieux de ces images mercantiles. De la même manière, dans les toiles Pradada et Cocolala, datées de 2006, Closky a simplement découpé et reformé de nouveaux mots à partir du nom de marque des deux multinationales Coca-Cola et Prada.

Claude Closky est souvent comparé aux littérateurs de l’Oulipo par ses jeux poétiques autour de ce qu’il nomme : « le blablabla de la galaxie hypermédiatique ».  Dans 1000 choses à faire, de 1993, l’artiste réunit mille slogans publicitaires empruntés à des magazines de mode qui, une fois rassemblés, forment une suite de conseils autoritaires : «Ne vous privez pas des bonnes graisses ! Optez pour un café design à prix serré. N’hésitez pas à multiplier les réseaux… ».

Lors d’une interview, Claude Closky déclare à propos de sa pratique : « l’ironie permet d’avoir l’impression finalement d’être plus manipulateur que manipulé. Cela rassure (rires) ». Est-ce que le détournement ne serait pas finalement une manière de se sentir plus manipulateur que manipulé et donc d’avoir l’impression de dominer cette bête omniprésente qu’est la publicité ?

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