L’art du détournement publicitaire # 6 : L’hyppopotable

Qu’ils soient issus des mouvements activistes anti-publicitaires ou des pratiques de street-art, qu’ils soient dessinateurs, éditeurs, ou encore humoristes, qu’il soit, comme Claude Closky, artiste reconnu et exposé, tous ont choisi de créer avec comme matière première : la publicité.

Episode 6 : L’hyppopotable

Les travaux de détournements publicitaires de Paul Martin (signés l’Hyppopotable), réalisés pour le magazine indépendant Le Tigre, ne sont pas éloignés de ceux présents dans la revue Hara Kiri. Paul Martin revendique, tout comme les artistes d’Hara Kiri, que le but premier de son travail est de faire rire le lecteur, « Rire au dépend de la pub ! ». Lors de ma rencontre avec Paul Martin, celui-ci m’expliqua qu’il se considérait plus volontiers comme humoriste mais reconnaît que sa démarche « pourrait être un peu militante, dans la mesure où le Tigre est un journal qui a choisi de ne pas avoir de pubs et qu’il y a forcement une réflexion derrière à laquelle je souscris sur le rôle de la pub dans la presse». Ce qui l’intéresse dans le détournement, c’est l’aspect narratif. Il travaille uniquement sur des publicités des années 50 , il n’effectue dessus aucun changement esthétique, il s’applique simplement à modifier les textes : « J’aime changer le sens originel et jouer de l’absurde. Par exemple, la pub Bolex 155 était à la base une réclame promotionnelle pour une caméra et l’homme s’en servait pour faire un gros plan de son poisson. Je l’ai transformé en étiqueteuse pour poisson. ». Un peu à la manière de Claude Closky, l’Hyppopotable manipule les mots pour détourner le sens par l’absurde.

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