Grillé! #26: Everyone vs. The Winstons

Et c’est reparti! Du #25 au #30, Grillé! s’occupe de vous faire découvrir les classic breaks. Et aujourd’hui, c’est l’immanquable Amen Break qui y passe.
Et oui, les breakbeats. Au coeur des années 60-70, les artistes de soul et de funk prennent conscience que leur musique qui fait danser est poussée en avant par leurs batteurs. Les dancefloors raffolaient des breaks instrumentaux ne laissant place qu’à quelques mesures de batterie pleine de groove et de sentiment. L’exemple de la semaine dernière n’est pas un exemple isolé, bien au contraire.
Dès l’invention du DJ, avant même l’arrivée du sampler, la quête aux perles rares contenant un passage instrumental marquant avait commencé. Ces galettes obscurs qui n’ont laissé dans les mémoires que 4 mesures de batterie solo, 4 mesures qui seront transcendées à l’apparition du sampling pour devenir la pierre angulaire des nouvelles techniques de production.

En 1969, The Winstons, un groupe de funk et de soul sortent un single: Color Him Father qui connaîtrait un certain succès (#7 du Top 100 US, #2 du top R&B, et Grammy Award en 1970 pour le compositeur Richard Spencer). Et pourtant, 30 ans plus tard, c’est la face B de ce 45 tours qui s’est gravée à jamais dans les mémoires, un morceau nommé Amen Brother.
The Winstons ayant tourné en 1ère partie de The Impressions, il est normal que les morceaux se soient échangé d’un groupe à l’autre. Et pour remplir la B-side, Les Winstons créent un morceau assemblant l’arrangement de We’re A Winner et le thème de Amen – lui-même une reprise du thème de la comédie musicale de 1963 Lilies Of The Field. On notera d’ailleurs, que dès la fin des années 60, le repiquage, l’échange d’idées et le réarrangement sont au coeur de la musique afro-américaine, des années avant l’invention du sampler.

Samplé, resamplé, rejoué, découpé, retourné, réinterprété à outrance, et ce n’est toujours pas fini, indiscutablement au top 3 (si ce n’est pas le no. 1) des disques les plus samplés au monde, j’ai nommé: Amen Brother par The Winstons.


Et la, par magie, à 1:26, les 4 mesures laissées au batteur créent l’anthologie. Merveille de précision, de nuance et de groove, couplé à une sonorité extrêmement particulière, ce break ne pouvait pas rester seul bien longtemps, et la liste des morceaux le samplant est infinie.
En voici tout de même une sélection réduite.