C’était bon… j’étais Fonfon! #1 : Dubstep et caetera …

Aphex twin in Dub by Y. From the Garden

Le regard aussi vide que mes poches, j’arpente le dédale métropolitain seulement armé d’une putain de myxomatose et d’un nano de 8G dont 5 sont depuis ce matin alloués à un dossier sobrement intitulé « DUBSTEP »… du haut de mes 35 ans, la honte me submerge un instant avant de laisser place à une réelle envie d’écouter n’importe quoi d’autre que les conversations de trois pubères à coupe bieberienne protestant au sujet d’une Karima, qui serait éventuellement une pute, mais c’est pas sur ! Bref, donc, plutôt que d’attendre que ces derniers soient foudroyés par dame nature, je m’empresse de presser la commande de lecture « … mmmmmmmmhhhhhhhhhhhhhh … c’est donc ça … » me dis-je plein de dédain, je dois l’avouer… pas que le genre m’était complètement inconnu, juste que j’avais décidé de ne pas trop m’en approcher. Comme si Proust m’avait jeté sa madeleine à la gueule, voilà soudain que je comprend … Je comprend pourquoi je ne voulais pas … je comprend pourquoi mon orgueil s’y était refusé … la révélation vient sur une prod de Sukh Knight « NBK »…

1- Retour de trip

Me revoilà plongé dans un souvenir étrange, d’un festival comme seul les bretons peuvent en générer : alcool, gerbe et grosse basse. On est en 2002 et les groupes de Dub rock français pullulent tels des cafards en rut de part l’hexagone et les teuffeurs, eux, se recyclent dans un genre hardtek le cul entre deux chaises ; oscillant tantôt vers la discohouse, ou tantôt vers l’électro (tellement plus chic)… il est 02h00 du mat’, 5000 personnes dans un hangar et Popof et Noisebuilder rentrent sur scène. Juste de la machine, Un gros pied à 140 bpm, des snares distordues, et un putain de son de basse filtré spécial drogué… l’idée bizarre qui en découle, c’est le sentiment que ce mélange naturellement indigeste devient un facteur de cohésion, de trip commun pour 5000 connards décérébrés qui ne se connaissent même pas si ça se trouve dites donc … et pourtant ces deux mecs, c’étaient qui ? des gars qui, outre le fait qu’ils défouraillaient les tympans à coup de massue, vendouillaient peut être 2000 ou 3000 galettes vinyls pour un public de capuches avec berger presque allemand assorti. Putain … il faut chercher la capuche partout où elle est… c’est là que se trouve l’animal, celui qui oubli de juger et ne devient que réaction pure ! Vous voulez de la vérité ? Hardtek, Dubstep, tout ce qui tend à n’être que tribal et urbain, laissez vous aller !! … allez… non ? … j’vous comprend en même temps car arrive la deuxième révélation …

Il est un moment où il faut savoir appuyer sur stop. Je suis chez moi et je m’en rend compte que le silence qui suit EXCISION, est aussi d’EXCISION. Or, tant que faire se peut, chez moi j’écoute du vinyl (c’est comme ça … j’vous emmerde !) … bref, qu’écouter après EXCISION ? … après un exercice d’origami vertigineux que je fête en soufflant une bougie, mon regard se tourne vers une pochette assez flippante d’Aphex twin sur laquelle on peut lire « V/VM – HelpAphexTwin/2.0 … Because you don’t give a fuck »… le sillon grogne une version de windowlicker à filer la gerbe à un marin. Tout le spectre des basses qui donnent envie de faire caca y passe … le bpm varie en fonction de comment Richard D. James gère la variation 33 ou 45 tours. Et arrive soudainement le message pas franchement subliminal de l’Aphex qui, tout titubant de culpabilité grasse mixe à l’ensemble improbablement bruitiste, 1min de Money money de ABBA …

Dubstep…Me vient avec la dernière taffe cette ultime question : dis moi Aphex, tu les aimes tes enfants ?