Récré A2 #29: Legend Of Kalevala

OK, c’est pas souvent qu’un jeu en Flash se donne la peine de raconter une histoire pareille. D’une densité rare, racontée quasi-entièrement via des bulles de textes, on est quand même de plain-pied dans le terrain du retro. Sans compter les graphismes pixellisés, la musique FM digne d’une obscure production de l’époque Megadrive.

D’apparence un metroidvania classique, On retrouve dans Legend Of Kalevala tous les éléments du genre. Platforming, exploration, améliorations du personnage (planeur, double-jump, armes etc.), ennemis en pagaille. Les codes au niveau gameplay sont respectés selon la tradition. On regrettera que la finition du gameplay ne soit pas au niveau des productions japonaises des années 90 qui ont inspiré ce titre – en particulier dans le cas du double-jump qui finit souvent en planeur – mais les tableaux sont assez faciles et compréhensibles pour que le gameplay hasardeux ne crée pas la frustration.

La où Legend Of Kalevala impressionne, c’est l’histoire. Dès le départ, on sent qu’un univers doit être raconté, et que cet univers est complexe et travaillé. Privé de votre mémoire, vous retrouvez vos souvenirs répartis sur une planète étrange. Les premières informations que vous recevez expliquent pourquoi toute la nature vous est hostile, fait rare dans le jeu vidéo où la règle de « tout veut vous tuer » est acceptée depuis déjà quelques décennies. L’écriture est sans faille, voire même un peu trop dense par moments ; le texte est dans un anglais châtié qui demande de se concentrer pour comprendre toutes les subtilités. Mais l’oeuvre en vaut l’effort: prisonnier de votre amnésie, poussé par votre seule curiosité, tout est à comprendre. Qui sont les Kuriirit? Qui sont les Ancêtres? Quelles sont leurs relations?

J’ai mentionné que vous jouiez un chien violet métallique avec des ailes?

Honnêtement, si Legend Of Kalevala était plus long et plus dur, je vous aurais dit que c’était un jeu megadrive, qui se vendait à un prix insensé à l’époque. Plus court, plus casual, finalement plus adapté au public des joueurs de flash games, c’est un plaisir immédiat et efficace. Seuls regrets: une répétitivité dans les décors, beaucoup d’aller-retour pour passer tous les tableaux – heureusement que la mini-map affiche un point sur votre prochain objectif – et toujours ce gameplay hésitant qui manque de précision. Mais pour se faire raconter une vraie nouvelle de science-fiction, largement supérieure à ce que certains appellent des « classiques », il est extrêmement facile de passer outre ces défauts et de dévorer LoK en quelques heures de jeu.

Legend Of Kalevala de Dit Dah Games