REPORT LIVE : LE PRINTEMPS DE BOURGES 2012 Via ITMM

Cette année TrendHustler s’associe à In The Morning Mag (ITMM), pour vous livrer des « reports live » des différents festivals. Nos deux équipes vont sillonner la france et d’autres contrées, afin de vous livrer leurs meilleurs (ou leurs pires) moments de festivaliers. On entame donc la série des reports avec celui du Printemps de Bourges. C’est l’équipe de ITMM qui s’y est collée, avec leurs deux reporters très spéciaux, on nomme Thibaut Tayo et Léo.

Chronique de Thibaut Tayo

Si vous trouvez que ce report arrive un peu tard et bien vous êtes dans le vrai. Mais je pense que la suite saura vous montrer à quel point le temps de rétablissement est long pour toute personne normalement alcoolique qui participe au Printemps de Bourges.

Départ mercredi matin 10h en gare d’Austerlitz. Avec un trajet étrangement long (presque 2h) pour aller à Bourges avec un changement à Vierzon (oui comme la chanson).
On m’apprend qu’à une époque la SNCF mettait en place des trains spéciaux pour emmener tous les festivaliers parisiens. Une belle époque, me dis-je, où il y avait encore un budget pour la culture.
Cette déconvenue passée, j’arrive finalement sur le site du festival … sous la pluie. Si il y a bien une chose qu’il faut savoir sur Bourges c’est qu’il pleut et beaucoup.
Mais comme disait un bon ami « on n’est pas en sucre con ! ».

Mercredi 25 avril

Dès 14h, direction la conférence de presse des Dionysos.
Les locaux sont un peu froids, mais le groupe est plutôt de bonne humeur et ne rechigne pas à raconter aux divers journalistes comment leur nouvel album a été créé.
Si le lien avec l’ancien livre de Mathias Malzieu « La métamorphose en bord de ciel » est évident, le groupe nous explique également leur démarche qui a été de revenir à un songwriting plus rock et sans compromis. Un album qui a été pensé pour la scène, où ils excellent. S’en suis un moment magique, une reprise acoustique de leur Bird’n roll visible juste ici.

Place aux concerts !

Ce n’est pas que le mercredi est un peu pauvre mais en tous cas au niveau des têtes d’affiche, à l’exception de Dionysos, on ne rêve pas trop. On commence donc doucement devant le concert de Revolver. Une pop assez énergique qui fait son effet, notamment sur les groupies venues en masse pour hurler des « je t’aime » au chanteur. Sinon, musicalement ça n’innove pas vraiment, toujours les mêmes riffs entrainants, pas désagréables, mais qui nous laissent un peu de marbre. Un petit extrait vidéo pour vous faire une idée vous même :

La suivante est Izia.
On connait déjà sa fougue et son énergie rock sur scène. Donc, pour son deuxième album et sa deuxième tournée on attend de voir une évolution, ou tout du moins un changement sur scène.
Entrée de l’artiste et première remarque c’est pas au niveau vestimentaire que le changement a été fait. Toujours débardeur et leggings sur 15 cm de talon.
C’est pas le principal on est bien d’accord mais quand même ! Même quand on fait du rock on se change !
Et niveau live c’est la même « non » surprise. Si sa voix a encore évoluée, plus agressive et moins dans la démonstration (ce qui fait toujours plaisir), on retrouve la Izia qu’on a laissé avec cette même énergie démesurée ; tellement que ses musiciens on l’air un peu mou du genou. Le public, quant à lui est aux anges, ça danse de partout, ça pogotte même un peu tout devant.
En même temps, on ne va pas se mentir, une nana en mini short qui saute partout sur scène en chantant du rock’n roll on a connu pire comme moment…

L’heure est maintenant aux Dionysos. Premier festival de l’année pour le groupe, on espère du coup que le live sera à la hauteur de la réputation scénique du groupe. Et c’est rien de le dire ! La folie du groupe est toujours aussi forte et communicative. Dès le deuxième morceau, c’est toute la fosse qui commence à danser, comme enivrée par le « rock pour oiseaux » des Dionysos. Vient le moment des présentations avec leurs nouvelles choristes les « Bird’N’Rolleuses » comme Mathias les appelle. Habillées en robes à plumes rouges, elles amènent la touche de sensualité et d’originalité à un show qui aurait pu être identique à il y a 5 ans.

C’est à ce moment qu’un énorme lâché de plumes a lieu sur le public. Moment féérique par excellence, où tout le monde se met à sauter espérant repartir avec sa plume. Pour ce qui est de la setlist, le groupe a trouvé un mélange plutôt efficace entre anciens et nouveaux morceaux à promouvoir. Et même si on s’attendait à ce que Mathias slam pour atteindre la régie et grimper tout en haut de cette dernière pour chanter avec son mégaphone, ça fait quand même à chaque fois son effet. Dernière petite touche très classe, la présence de Mister Tom « Hématome » Cloudman en personne. Mais je ne vous en dirais pas plus…

Jeudi 26 avril

Après une première soirée plutôt très calme j’espère bien prendre des grandes claques aujourd’hui.

Premier concert à 14h30; Shiko Shiko. Groupe très rock’n roll et un peu psychédélique, mais absolument incroyable. Un chanteur ultra charismatique, des guitares qui hurlent. On sent bien que le public voudrait danser mais à si tôt dans la journée avec une gueule de bois encore beaucoup trop présente ce n’est pas évident. En tous cas première découverte de ce printemps. Un groupe à suivre absolument !

Autre belle découverte de ce début de journée, le groupe québécois Monogrenade. Plus en douceur et en poésie ce groupe est une belle promesse, bien que l’on puisse leur reprocher une petite faiblesse dans l’écriture. Puis on sent bien l’ombre du maitre : Patrick Watson flotter au dessus d’eux.

Et voilà donc ma transition toute faite (oui c’est un métier) puisque juste après j’ai donc réussi à me taper l’incruste au concert de ? Patrick Watson et oui ! Salle privée, ambiance feutrée et un public assis obligatoirement. Ça change radicalement avec l’atmosphère pluvieuse et alcoolique du festival.
Début du concert et petit frisson le long de ma colonne vertébrale dés qu’il joue la première note de piano. Oui, je faist parti des fans du dernier album « Adventures in your own backyard ». Le concert durera comme ça tout le long, sur un fil perché à des années lumières du monde. Une poésie portée presque entièrement par sa voix d’une fragilité rare et émouvante à souhait.

Grand écart musical et direction le palais d’Auron où la soirée hip hop a commencé. J’arrive au milieu du concert de Youssoupha. Encore dans mes rêves de Patrick Watson j’ai un peu de mal à me mettre dans l’ambiance. Mais une fois deux morceaux passés, je commence enfin à rentrer dedans. Si son album « Noir Désir » est une vraie réussite, on sent qu’il n’a pas été encore beaucoup rodé en live. Le rappeur manque un peu de conviction et ses punchlines sont assez pauvres. Heureusement, qu’il peut compter sur un public survolté pour le suivre, qui lui permet de sauver son concert. J’espère pouvoir le revoir dans un autre contexte.

Malheureusement, je ne peux rester pour assister aux concerts de 1995 et Orelsan car les concerts de King Charles et Willy Moon ont lieu en même temps, dans la salle découverte.

Le premier à passer est Willy Moon. 1m90 de classe, costume blanc 3 pièces, cheveux gominés et pourtant il n’a que 22 ans. On se demande d’où sort cet extraterrestre. Les quelques morceaux en écoute sur internet nous ont déjà conquis. Entre soul et rock son morceau « I wanna be your man » est carrément explosif. Niveau live, ça envoie aussi comme il faut. Animé par une énergie animale, il livre 50 minutes de live (oui seulement) à fond entre reprises et chansons originales, il réussi à me prendre dans son univers soul psychédélique. Cependant, il semble bien que je sois l’un des seuls à avoir été réceptif à son groove. Lorsque je me retourne pour aller chercher ma bière, la moitié de la salle a quitté le concert… Déception, mais je vous garanti que ces mêmes personnes qui ont quitté le concert seront les premiers à l’aduler dans quelque temps.

Celui qui le suit sur scène est King Charles. Et là, on se dit que c’est la soirée des looks complètement barrés. Après un Willy Moon 60’s, on se retrouve en face d’un mec hors de toute époque. Des dreadlocks blondes, une moustache à en faire rougir Dali, on a l’impression d’être face à une étrange bête velue. King Charles c’est le petit protégé de Charlie Winston avec qui il s’entend très bien depuis de longues années. On peut donc penser du coup, que le concert va être un spectacle sympa mais sans plus. Ça c’était sans compter sur le fait que ce mec est une espèce de guitariste de génie. Posant des solos plus incroyables les uns que les autres, il arrive même à me faire remuer la tête tel un métalleux accroché à sa crash barrière. Alors évidemment, tous les morceaux ne sont pas exceptionnels et il arrive même qu’on s’ennuie un peu dans ce mélange de rock/folk mais il mérite bien une seconde chance.

C’est tout pour ce soir, la suite se passera au Magic Miror mais je vous en parlerai plus tard …

Vendredi 27 avril

Le vendredi c’est soirée Reggae à Bourges. Et comment dire … je ne suis pas le plus grand fan de reggae que cette terre ait porté. Du coup, je suis désolé mais je ne vous ferai pas de compte rendu de Groundation et autre Danakil pour la simple raison que je n’y suis pas allé. Mais fort heureusement il y avait tout autre chose pour régaler nos tympans déjà fatigués par les deux premiers jours.

Direction le concert de Général Electriks pour commencer. Pas vraiment de surprise par rapport aux précédents lives. Si RV (le leader) a toujours son jeu de jambes incroyable, et nous sort des solos au clavier plutôt impressionnants, le show a du mal a décoller et n’innove absolument pas par rapport à ses anciens spectacles. Même « raid the radio », tube ultime du groupe, aura du mal à faire danser le public. Petite déception donc…

On enchaîne avec les toulousains de Zebda. Le groupe est de retour après 8 ans d’absence, avec un nouvel album intitulé « Second tour ». En pleine période électorale, on peut dire que c’est un nom plutôt approprié. D’ailleurs, celui qui allait devenir notre futur président de la république avait fait le déplacement pour rencontrer les membres du groupe lors de leurs balances sous le chapiteau du Phénix. L’occasion pour Mouss de lui demander, de poser avec le t-shirt Zebda et d’échanger quelques mots et poignées de mains.
Alors après 8 ans est-ce que Mouss, Akim et Magyd ont perdu leur motivation sur scène ? Que nenni. Le chapiteau a explosé dés la 3ème chanson « Y’a pas d’arrangement » que tout le public reprenait en cœur tout en sautant devant les « motivés » de Toulouse. On notera que, même les plus jeunes qui ne connaissaient peut être pas le groupe avant ce nouvel album, étaient également à fond dans le concert. Grosse claque de bonne humeur donc qui remet le moral à fond avant d’enchainer sur les prochains concerts.

Également la Toy Session du groupe pour l’Express. On y était et c’était carrément cool !

Direction la scène 22 est-ouest, pour voir les Django Django dont on vous a déjà parlé sur In The Morning Mag. Pour moi, c’était vraiment le concert à ne pas rater tellement leur album m’a convaincu. D’ailleurs, je ne suis pas le seul, la salle est pleine à craquer. Le concert démarre et met quand même pas mal de temps à vraiment démarrer en fait. Un peu de mal à rentrer vraiment dedans, surement à cause d’une sorte de timidité du groupe qui ne se lâche pas autant qu’on l’aurait espéré pendant son live. Même si tout est parfaitement en place, c’est encore un peu lisse. On aurait aimé un peu plus de laissez aller et de communication avec le public. Le show reste quand même de très bonne qualité et laisse présager le meilleur pour ce groupe encore inconnu il y a quelques mois.

On reste dans cette petite salle pour aller voir le live des Slagsmålsklubben ou SMK (bien plus simple), groupe électro suédois qui a sorti son 4ème album cette année. C’est la vraie grosse claque de ce festival ! Ils livrent un set d’une heure survitaminé et complètement explosif à grand renfort de basses hypnotisantes. On se laisse soudain envahir par une folie qui vient de l’intérieur, comme si le groupe venait réveiller notre part d’inconscient animal. Ça fait du bien, on se lâche complètement et le concert passe trop vite.

Je passe rapidement au concert de Danger mais la salle est complètement blindée, du coup j’opte pour allez finir ma soirée au Magic Miror. Comme j’en ai rapidement parlé précédemment, le Magic Miror est le bar réservé aux professionnels qui travaillent sur le festival pour pouvoir faire la fête une fois les concerts passés. Et faire la fête sans aucune limite d’heure ! C’est en fait l’antichambre de l’alcoolisme. Rares sont les personnes sobres, et s’il y en a, elles risquent de trouver l’ambiance un peu étrange. Même s’il n’y a jamais eu de dérapage et que tout le monde semble pour le moins bien s’entendre, on voit très vite dans nos yeux qu’on est plus du tout étanche. Ce soir là c’est le grand Rémi Kolpakopul qui mix. Soirée placée sous le signe de la funk donc, qui se termine pour ma part à 5h.

Samedi 28 avril

C’est soirée Rock’n beat ! Enfin une soirée électro en fait. Même si le premier concert auquel je me rends n’a rien à voir, à proprement parler, avec de l’électro.

Dope D.O.D premier concert de la journée. Hip Hop hardcore voire très hardcore sur fond de dubstep. Les 3 rappeurs ont des physiques plutôt flippants, avec des lentilles œil de verre, cheveux rasés que d’un côté… On sait, à la minute où on les voit, qu’ils ne sont pas venus pour faire dans la dentelle.
Le concert est d’une puissance à peine croyable, et le public ne semble plus savoir où donner des oreilles. Les poses sont fat, le son dubstep nous fait frémir de tout notre être et on bouge la tête d’avant en arrière comme dans les clips des rappeurs ricains, mélangé à du Slipknot. Exactement ce qu’il fallait pour se remettre d’une cuite !

Chronique de Léo

Encore une fois le Printemps de Bourges nous aura ébloui, non pas par la présence du soleil, mais par une programmation riche en émotions musicales.

Samedi 28 avril, arrivée en gare de Bourges suivie d’une centaine de festivaliers venus faire la fête et danser au rythme de la Rock n’Beat Party. Depuis quatre ans, cette soirée est devenue l’incontournable du festival avec, au programme, des artistes toujours plus fous comme YuksekC2CBirdy Nam NamThe Rapture ou encore les infatigables Skip The Use.

Par chance, aucune goutte de pluie ne s’est posée sur le chapiteau du Phénix et du Palais d’Auron ce soir-là.

De mon côté, le festival s’est déroulé dans le Phénis et a commencé avec Skip The Use qui a mis directement le public dans l’ambiance et a servi un show, comme à leur habitude, énergique et composé de leurs tubes. Au premier accord, on se met à danser et à crier avec Matt Bastard, le chanteur monté sur ressort. On partage leur joie et leur rock énergique.

Le Rémois Yuksek nous a fait danser grâce à son set pop et électro reprenant son dernier album Living On The Edge of Time et le célèbre tube Tonight. Les sourires s’affichaient et le Phénix s’est transformé en night club pétillant.

Le quatuor de The Rapture nous a fait vibrer par ses basses puissantes. Mais y’a pas à chier, la justesse vocale de Luke Jenner est assez déplorable en live (déjà remarqué à Coachella), il nous rappelle une jolie petite chèvre. Néanmoins, How Deep Is Your Love a eu son effet sur mon plexus solaire et les beats envoyaient leur dose d’amour à me coller le sourire aux oreilles et danser sur cette énergie transcendante.

Le coup de cœur de la soirée n’est pas nouveau, ayant pris ma claque en Janvier à la Gaîté Lyrique je savais que le clou du spectacle serait grâce aux C2C. Eh oui, quand Hocus Pocus et Beat Torrent s’assemblent de leurs prodiges, ça donne un set renversant ! Une heure de voyage groovy, où l’ensemble du chapiteau criait, dansait, chantait. De quatre gentils garçons alignés sur leur platine, un battle se créé et PAN ! C’est parti pour le show ! L’incontournable Dmc 2005 envoie valser les festivaliers dans un délire total, on en perd la tête. Les quatre garçons finissent sur FUYA, issu du dernier EP à se fournir de toute urgance pour ceux qui ne l’auraient pas encore.

Surkin prend le relais avec un live crasseux bien décevant par rapport à 2009 où je l’avais découvert au 22 Est/Ouest (autre salle du Printemps de Bourges). De l’électro bas de gamme qu’on a envie de huer… C’était le moment d’aller boire une bière…

On finit sur Birdy Nam Nam qui n’Abbesses pas le son et sont accueillis comme des rois par les festivaliers survivants… Bin ouais ça envoie du lourd comme d’habitude, ils gèrent leur live, s’éclatent mais on devra regretter une chose quand même, la sono du phénix qui est le gros bémol de ces si bonnes soirées.

Pour la 37ème édition du printemps de Bourges, on vous donne rendez-vous du 23 au 28 avril 2013.

>>> Voir l’article original sur « In The Morning Mag »<<<

Vous aimerez peut être aussi...

1 Réponse

  1. 14 mai 2013

    […] vous a beaucoup parlé de Dope D.O.D. ces derniers temps dans Trend Hustler. Et pour cause, leur formule n’est pas du genre à passer inaperçue: des beats […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.