REPORT LIVE GAROROCK 2012 : JOUR 1

Le week end dernier nous étions au festival Garorock, l’événement de musique actuelle du Sud Ouest par excellence. Huche mass…
Voici le récit de la soirée du vendredi soir !!!!

Vendredi, 15 heures, j’arrive sur le site. L’excitation est palpable sur les visages des milliers de festivaliers qui arrivent en masse. C’est déjà le moment de poser le cerveau. Qui dit festival dit gros son et alcool à outrance. C’est l’heure de la mise en bière.

 

C’est toujours agréable, l’avant-goût du festival, lorsque des files de personnes se dirigent dans la même direction avec la même envie de profiter du week-end. Les complicités éphémères qui se créent, les anecdotes qu’on aura à raconter. Arriver jusqu’au cœur de la foule n’a pas été sans difficultés. Deux parkings ont été créés pour l’évènement, et la plupart des festivaliers ont dû affronter la moiteur de la navette où ils se sont entassés avec leurs tous paquets dans une humeur pourtant joyeuse.  Essoufflés, perdus, transpirants mais contents, nous arrivons au camping. C’est une belle étendue colorée de tentes Quechua, une prairie peu paisible qui se recouvre d’abris de fortune, au son des « apéros ! » qui se répondent en échos, mêlés aux morceaux de musique qui rythment les arrivées et les installations.

Pour accéder au site, il faut faire une petite promenade sous les arbres après le check-point où sont exhibés les bracelets. L’arrivée est fantastique : on sort du bosquet pour entrer dans la plaine.

Pour sa 16ème édition, le festival a pris un second souffle. Fini la zone industrielle, place au plein air et aux champs qui seront bientôt massacrés par le public. A vrai dire quand on voit la gueule du site, on peut dire que Garorock c’est déjà autre chose. L’orga’ a sorti la grosse artillerie. 3 scènes, dont deux monumentales côte à côte avec retransmission vidéo en direct pour la foule massive. Après une ou deux pintes sous un soleil de plomb, place au premier concert du week end avec les parisiens If The Kid. J’avais déjà chroniqué leur album et j’étais impatient de découvrir leur set live.

If The Kid « gourmandise electro rock »

Il est toujours dur pour un groupe d’ouvrir les festivités; un public restreint (et oui à 17h les festivaliers picolent au camping) et une pression accrue due à l’importance de l’événement. Bref, If The Kid entrent en scène. Voici un quatuor qui mêle rock et musique électronique sans complexes. La voix de Mademoiselle Marine est juste, pas de fausses notes et ça c’est important. Le public est calme mais les parisiens essaient de dévergonder l’assistance.

Il faut dire qu’ils s’en sortent plutôt bien car l’exercice n’est pas facile. Le set tourne bien, c’est dancefloor et énervé avec une batterie impactante et une guitare saturée. La prestation démarre sur les chapeaux de roue et ne retombe pas jusqu’à la fin. La musique est taillée pour le live et c’est ce qu’on aime. C’est simple, efficace, dansant, brut de décoffrage. Mademoiselle Marine fait usage de son charme naturel qui capte l’attention des photographes qui la mitraille.

Quelle bande de cochons ces tireurs d’élites, toujours au premier plan pour se rincer l’œil. Le Garorock commence bien. On retrouve les gars de If the kid en backstage pour les rencontrer. Sympathiques face au public, ils le sont aussi face à nous. Décontractés, rock’n roll, la tête sur les épaules ils nous livrent leur parcours et quelques anecdotes croustillantes. Une belle rencontre humaine.

 

Kid Bombardos, les jeunes premiers du rock’n roll made in Bordeaux

Quelques mousses plus tard, on se retrouve devant le groupe que je voulais voir depuis un petit moment, Les Kid Bombardos. Pour dire, j’ai écouté un petit paquet de fois leur dernier album « Turnin’ wrong ».
Bon honnêtement, quand tu les vois débarquer sur scène, tu repenses à ces années de lycée où chacun de nous (enfin presque) rêvait de fonder un groupe rock pour draguer les minettes. Les Kid Bombardos portent bien leur nom. Certes, ils sont jeunes mais ça envoie : un set propre, des jeux de guitares remarquables, ouais c’est bien fouillé… Le chanteur a un charisme naturel, avec à la voix un mélange de Jim Morrison et Julian Casablancas (il y a des chances pour que ces gars aient écouté les Strokes et les Doors en boucle depuis qu’ils ont 10 ans). Sur scène pas de strass ni de paillettes, le son est vintage. Le chanteur communique très peu entre les morceaux, un petit merci de temps en temps et c’est tout. A vrai dire pas besoin de parler quand on envoie du bois.

Les filles sont comme des folles devant le concert. J’irai pas jusqu’à dire que ce sont des groupies mais elles subissent le charme du quatuor. On entend ça et là des cris aïgus, des « je t’aime », des « ahhhhhhhh il est beau », bref le scénario classique du concert de jeunes rockstars. Le point fort du set, c’est la reprise de Mia, Paper planes. J’attendais de voir ce que donnait ce morceau en live car il fallait oser la reprise. Bonne surprise, ça sonne bien. C’est garage, rapide, le public réagit avec enthousiasme, les kids envoient sur scène. En même temps, quand tu as un grand père qui était boxeur, tu ne peux qu’être vivace sur les planches et mettre des rafales d’uppercuts.

A noter que j’ai été déçu par l’interprétation de leur tube « Sundays ». Trop rapide, trop vite expédié, le morceau perd de son charme. Ceci étant dit, très bon concert dans sa globalité. On les a retrouvé en loge, les mecs sont tranquilles dans leurs baskets et nous ont reçu sereinement autour d’une bouteille de whisky. Ils n’ont pas du tout le melon et ça fait plaisir, le courant est très bien passé, et vous pourrez retrouver notre interview très prochainement sur le site.

 

 

Orelsan, « Hip Hop Heroe ?»

Nous attendions le concert d’Orelsan avec impatience, du fait de sa médiatisation monstrueuse depuis la sortie de son dernier album, « le chant des sirènes ». La version live, arrangée à la sauce rock a été très agréable et surprenante. Le public était plutôt jeune, mais constitué de nombreux fans qui scandaient les paroles avec énergie, la main en l’air. Je n’aurais jamais cru voir des pogos au concert d’Orelsan, et pourtant ce fût le cas.

C’est dire l’ardeur des festivaliers atteints par les paroles du rappeur, qui savent vous toucher et donnent l’envie de découvrir ses albums. Le seul problème, est que son spectacle est beaucoup trop « mainstream ». On connaissait le rappeur avec des textes agressifs, contestataires mais quand on entend « La terre est ronde », on a plus ou moins envie de se tirer une balle. Ok, le morceau rassemble la foule mais il règne une atmosphère pseudo hip-hop à l’eau de rose. Le revers de la notoriété sans doute me dira-t-on. Pour moi c’est trop, mais les filles aiment ça. En tout cas, le mec a bien compris comment toucher un public plus large.

Au même moment passait sur la « petite » scène isolée DJ Stanbul devant une foule plus réduite mais tout aussi enthousiaste, ravie de pouvoir s’exprimer en dansant sur l’herbe à la tombée du jour, accompagnée par le son électro/balkanique/oriental

Skip The Use, « rock’n roll show »

Tout le monde connaît les lillois depuis quelques mois. Comme Shaka Ponk, ils se sont imposés comme des showmen d’exception. Au Garorock, il n’ont pas failli à la règle. C’était la cinquième fois que je voyais le groupe, vendredi dernier. Je me suis un peu lassé de leur musique depuis quelque temps mais je savais à quoi m’attendre. Et bim, la claque, je l’ai prise en pleine face. La recette de leur succès est facile à comprendre. Tu prends cinq mecs, ex punk rockers, crevés de faim, tu mets une dose de funk, de disco et bam… Tu retournes toute la foule.

Oui, Skip the use est sans doute le groupe français le plus efficace sur scène. Et j’ai encore senti que le rock’n roll band avait passé un nouveau cap d’un point de vue scénique. Matt Bastard développe une espèce d’osmose avec le public que même les Hives ont été incapables de créer. Ouais, je prends des risques en disant ça mais la foule était carrément plus barge face au lillois que face aux suédois.

Maître d’œuvre, Matt est possédé sur scène tel un Belzebuth qui aurait abusé des amphétamines. Bains de foule à outrance, sex appeal impressionnant, le chanteur ne recule devant rien pour exploser l’audience. Quelle efficacité !!! Pour ce qui est du son, c’est ultra carré mais ça tourne un peu en rond. Des couplets sautillants enchaînés avec des refrains survitaminés en mode disco punk. Ils ont trouvé la bonne recette mais quand tu les as vu quelques fois, il n’y a aucune surprise, et c’est dommage. Ceci n’engage que moi. Par contre, quand t’es bourré, c’est parfait ! Et c’est bien ce que le public a fait passer.

 

Par Estelle et Gali

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