REPORT LIVE GAROROCK 2012 : JOUR 3

Charlie Winston, le « clodo-aristo du Garo »

Que dire ? Il est 16h30, l’heure du goûter, la conf’ de presse des Dionysos s’achève alors que retentissent au loin les premières vocalises de Charlie sur la scène de «la Plaine». Je fais donc fissa pour rejoindre le public et me faire une idée de l’artiste.

Soyons francs, Charlie Winston, j’y connais rien, hormis son tubesque « like a hobo » dont toutes les radios hexagonales nous ont gavé jusqu’à indigestion voilà deux ans, je connais…que dalle !
C’est donc une première, je suis là, sur cette plaine détrempée, les pieds dans la boue, mais les oreilles attentives, entouré de tout plein de festivaliers qui ont l’air super content d’être là.
A y regarder de plus près, en fait de festivaliers, je remarque surtout des festivalières, l’œil humide, le cri suraigu…et les tétons qui pointent à n’en pas douter ! Soit, concédons lui au moins ça, il a de la gueule «l’angliche». Sourire en coin, barbe « travaillée » de 3 jours, la chemise moitié-rentrée-moitié-sortie-moitié repassée-moitié froissée, bref La chemise, le pantalon mi-classieux-mi-crado sur lequel pend un collier de chaînes, genre t’as vu, « jsuis un peu punk quand même ». On finit de le rhabiller avec la cravate flashy, pas trop serrée, pas trop lâche non plus, en mode Avril Lavigne sur « skater boy », et puis…. NOOON ! il a remplacé son éternel chapeau de «clodo», au bord savamment déchiré (un rat affamé n’en doutons pas), par… une casquette/béret/bonnet, dont seule son armée de stylistes a le secret.

Voilà, que dire de plus sur le bonhomme ? C’est pas un clodo, non, plutôt un bobo tendance « sympathisant des sans abris ». On lui en veut pas, son style musical est d’ailleurs lui aussi à la croisée entre plusieurs courants, un pot pourri avec un peu de folk, un peu de rock, des ballades et quelques arrangements électro.

C’est plaisant à écouter y’a pas photo, on dandine même du cul à certains moments, et Charlie se donne sur scène (il ira jusqu’à escalader le côté de scène pour saluer son public). On ne peut pas lui reprocher grand chose, c’était plaisant mais pas transcendant, et à l’heure où j’écris ces lignes, difficile d’ailleurs de me rappeler d’un titre en particulier (mea culpa, je ne suis pas fan).
Le moment culminant du show (celui où j’me suis dit, « pas mal »), reste la séquence où tout le groupe scande une mélopée en faisant front sur scène. Ils jouent à se déformer l’anatomie avec de grosses loupes qu’ils passent devant leur tête. Selon moi, moment culminant de la scénographie. Une mention spéciale à l’harmoniciste du groupe, plutôt doué, et complètement jeté, à se trémousser sur scène, je sais pas ce qu’il a pris mais j’veux la même chose.

Charlie, t’es un mec « flex », je te souhaite bonne route pour la suite.

Par Renan / Photo by Arnauld Bernard

The Ting Tings : Shut up and let us eat !

20h. Nos ventres nourris à la bière pendant 3 jours commencent à réclamer quelque chose de solide et nous ne sommes pas les seuls. C’est à ce moment là que le concert des Ting Tings commence. Horaire malheureux pour ce groupe qui peine à faire son come-back.

C’est donc armé d’une tartiflette gratos (merci à Souvany) que je me rends devant le concert déserté par le public parti se gaver de friter et de kebab.

Entrée sur scène super pêchue, on sent qu’ils ont envie d’en découdre et de défendre ce nouvel album ! La chanteuse porte à son habitude une tenue plutôt sexy qui a de quoi ravir les festivaliers masculins (mini short, chaussettes jusqu’aux genoux, baskets, débardeur et casquette rouge qui laisse passer une immense mèche blonde). Mais c’est vite la désillusion.

Le groupe n’arrive pas à faire bouger le public peu nombreux et fini par enchainer les morceaux presque machinalement comme pour vite partir de ce cauchemar…

Un concert à revoir dans des conditions différentes, avec donc un public plus réceptif et un live plus rodé.

Par Thibaut Tayo

 

The Offspring : La « Grosse tête » d’affiche

LA tête d’affiche de cette édition 2012 du Garorock : The Offspring . C’est un peu les retrouvailles de toute une génération, on connaît tous leurs tubes, on a tous braillé leurs chansons sans en comprendre un traître mot, à l’époque, sur nos chaînes hi-fi, dans nos chambres d’ados boutonneux, le volume en mode « j’emmerde mes vieux »… Aah, c’est donc avant tout une vague de nostalgie qui s’empare de moi à l’idée de les voir, « pour de vrai ».

Quelle déception… en tant que rédacteur pour ITMM, j’ai le privilège, en ce dimanche 10 Juin, d’avoir un accès VIP et de pouvoir assister aux conférences de presse. Celle d’Offspring est programmée pour 19h30… ils n’arriveront que vers 20h45 ! Ok, c’est des rock stars mais faut pas abuser quand même. Y’a du monde qui les attend backstage, groupies, journaleux, curieux… au final, ils arrivent escortés de deux malabars, fendent la foule sans accorder un regard pour aller s’enfermer dans les bureaux de Virgin Radio.
OK, ça commence bien, 20mn plus tard, ils sortent enfin et se dirigent vers l’espace conférence. On nous signale qu’il n’y aura ni enregistrement vidéo ni photos tolérés… on rêve ! Tout le monde s’est jusqu’à présent prêté au jeu, et puis après tout on est là pour leur faire de la promo, de quoi ils se plaignent ? Les deux malabars veillent au grain, on se contente donc d’écouter les niaiseries habituelles « vous êtes contents d’être en France ? Peut-on encore être punk à votre âge ? Vous aimez le vin rouge ? et les tomates de Marmande ? »… On s’en branle.

Pas grave, on se rattrapera au concert qu’on se dit, après tout c’est pour ça qu’ils sont là.

21h30, la foule est dense et laisse exprimer sa joie quand les Offspring arrivent sur scène. On aura droit à des morceaux issus principalement des albums « Conspiracy of One », « Americana » et « Smach » . A la trappe leur dernier album, à moins que ça soit ce titre avec lequel ils commenceront leur set, et que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. Pour le reste, ils se font pas chier, la machine est huilée mais en même temps c’est ce qu’on attend tous. Me revoilà, 13 ans, à m’époumoner comme un con… le rock a de ça, un côté tellement régressif, ce fut un bon moment ! Je n’irai cependant pas jusqu’à dire « top », voire « super », parce que je reste quand même sur ma faim.
Tout d’abord, je n’ai pas apprécié leur retard en mode « j’en ai rien à foutre » quelques heures plus tôt (ok, c’est mesquin), mais, surtout, la dimension « live » de leur show me laisse perplexe. Il n’y en a aucune, ça manque de fantaisie, d’impro, de partage avec le public ; Noodles (lead guitar) essaiera bien quelques vannes vaseuses, nous apprend que c’est son anniversaire en ce dimanche… soit ! Je me dis que j’aurais tout aussi bien pu me repasser leur CD que l’impression eut été la même. Une bonne tranche de plaisir, mais trop calibrée, j’attendais la pépite qui fond sous la dent, la surprise derrière tout ce glaçage de façade.

La « Grosse Tête » les Offspring ? Un peu oui, mais on ne peut pas leur reprocher de vivre sur un succès mort il y a dix ans. Le petit saut dans le passé qu’ils nous ont offert lors de leur set, dimanche, vaut toutes les cures de jouvence. On a tous été jeunes et cons l’espace d’une heure, et ça faisait du bien… merci les gars.

Par Renan

 

Cypress hill made me high

« La colline aux cyprès », quel charmant groupe folklorique, qui nous vient des quartiers ensoleillés de Los Angeles. Le genre de son à écouter devant un verre de rosé bien frais, sous la tonnelle, en regardant au loin l’or du couchant se profiler au dessus des vignes.

Mouhahaha… Quand B-real, Sen Dog, Dj Muggs et Eric bobo se déplacent pour un show, c’est pas pour vous conter fleurette, mais pour la fumer ! Il a plu comme vache qui pisse sur cette édition 2012 du Garorock, l’herbe était bien verte, qu’on ne me dise pas que Cypress Hill n’y était pour rien.

Ce groupe, c’est comment dire… la cause de ma 1ere infidélité au Rock’n Roll, un phrasé, un son, une rythmique implacable qui m’ont fait dire, à une époque où je ne jurais QUE par la musique à gratteux, que peut-être, le RAP c‘était pas si pourri que ça.
Cypress Hill, y’a rien à faire, j’aime ça ! Avant même leur show, en ce dimanche soir glacial sur la plaine de Garorock, j’étais conquis.

Remercions d’abord toutes ces demoiselles, inconnues (hélas), qui ont réchauffé l’ambiance à coups de paires de seins alors que la foule, impatiente, se massait devant la scène Garonne. Dernier concert de cette édition, la fatigue est là, mais hors de question de rater l’ultime adieu. On se tient debout tant bien que mal et on applaudit bien fort dès que le vicelard de cameraman stoppe sur une demoiselle, qui, réflexe pavlovien, soulève son T-shirt pour nous montrer que, oui, c’est bien une fille. Étrange réflexe exhibitionniste qui ouvrirait la porte à une étude sociologique de 1 er plan sur cette génération « Chat Roulette »!! Mais nous ne sommes pas là pour ça…

Soudain…les lumières s’éteignent, Cypress Hill est dans la place et nous arrose de son bon gros son bien Old School (ça change de la pluie), pour 1h30 de concert mémorable. Nouvel album, classiques, on a droit à tout et on ne va pas leur reprocher d’être si généreux. Ils ont vieilli, grossi, mais putain, quelle patate ! ils ont pas oublié comment on rappait. Des vapeurs s’élèves au dessus du public, non ce n’est pas du brouillard, mais seulement la réponse des festivaliers à la question «do you want to get high ?» et au gros joint que vient de s’allumer B-Real sur scène…ouais, rien à branler, il est comme ça, lui! Après nous avoir fait l’apologie de Marie-Jeanne (je ne cautionne pas, non, y’a des gamins dans le public), et avoir fumé «passivement» sur le joint de ma voisine, j’en suis à me demander si les flics du Lot-et-Garonne ont le fameux test salivaire (je conduis après) quand…. Et puis merde, rien à branler !

Voilà, je suis claqué mais je kiffe, la foule tout entière n’étant plus qu’un seul mouvement, le haut du corps se projette en avant, la main se lève et donne des taloches invisibles… «Tequila Sunrise», «Insane in the Brain», et un «Rap Superstar» attendu pour conclure, on en demandait pas plus. Seul temps mort de leur show, c’est quand Dj Muggs veut essayer de nous épater avec sa technique de « scratch »…t’es mignon mec, et tu viens de loin je sais, mais on a eu C2C la veille, alors soyons chauvins, en comparaison ta technique est un peu celle d’un enfant de 3 ans pris d’épilepsie !

Voilà, Cypress Hill c’est toujours très très bon, et surtout, pas près de partir en fumée.

Par Renan

Photo by Bertrand Vacarisas & Nico Pulcrano

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