Interview : Art District

Art District c’est le groupe hip-hop français (exception faite du MC, Mister E., qui est new-yorkais) qui monte.
Un hip-hop mâtiné de soul, de jazz et avec une bonne grosse dose de swing (entre autres).
Une formation de sept membres à laquelle chacun apporte ses références, ses expériences, son talent et surtout ses goûts.
C’est aux Eurockéennes de Belfort, après un live plein d’énergie et de belles promesses pour le futur que TrendHustler et InTheMorningMag ont rencontré Eli (Mister E, MC) et Romain (Rhum One, beat boxer).
Art District a par ailleurs remporté le prix Fabrice Ragris/SNCF qui récompense les révélations de l’année sur le festival. Au bord de l’eau, en toute simplicité et avec beaucoup d’humour. Une vraie révélation, sur toute la ligne.

TH : Alors, première question, quel est le point de départ de Art District ?

 

 

Romain : On est sept dans le groupe et c’est toujours compliqué de parler pour les autres. Nous on s’est retrouvé dans un bar qui organisait des jams. Au départ Geo (batteur) et moi on s’est rencontré là-bas et on s’est dit que ça serait bien de faire un truc beatbox-batterie, autour du hip- hop. Après on a rencontré Seb, avec qui Geo était au Conservatoire. On voulait quelqu’un de très Jazz et tout s’est fait naturellement. Sam est arrivé, très rock. Puis les cuivres, la trompette, le saxo (Mux). Ne reste plus qu’à ajouter un beatboxer/beatmaker avec une casquette à l’envers et un MC américain qui écoute vraiment de tout, de la zic brésilienne au dubstep en passant par le kuduro et le hip-hop.

Art District c’est donc avant tout sept personnalités qui se retrouvent avec leurs influences multiples en studio (big up à Artefact d’ailleurs) mais autour du hip-hop. Le hip-hop est, de toutes façons, la musique la plus batarde du monde, elle englobe tout, peut venir de partout.

TH : En ayant cette approche, très ouverte, vous revenez finalement aux fondamentaux du hip-hop tout en allant plus loin qu’une simple boîte à rythmes avec un bon flow par-dessus. C’est finalement cette ouverture à toutes les musiques qui vous amène au hip-hop…

Eli (dans un français parfait) : Oui, voilà. Par exemple, Moz’art District est un morceau qui part de La Marche Turque de Mozart mais avec un beat hip-hop et dans lequel on cite plusieurs de nos influences (il se lance dans une courte interprétation du morceau en question). Et tant qu’on sera là, que de nouveaux sons seront créés, qu’on tombera sur certains textes, qu’on passera de belles journées au bord de l’eau, comme pour cette interview, on saura s’inspirer de tout ça.

Romain : On a quand même un MC très ouvert, à l’opposé des clichés du rap. Ces clichés nous font chier en fait. Du hip-hop gangsta on en a tous écouté. Que ce soit NWA ou autres…Aujourd’hui les plus jeunes écoutent plus du Booba, du LIM et je respecte ça, c’est une mouvance du hip-hop et je me dois de la respecter. Mais nous on a vraiment cette grande chance d’avoir un MC qui peut partir dans tous les sens et ne se limite pas à un courant ou même à un style musical.

TH : Aujourd’hui, le hip-hop s’affranchit de beaucoup de limites de par ses mélanges avec l’electro, le rock, des formations plus «jazz»…

Eli : Effectivement, le hip-hop n’a pas de limites, il est à égalité avec le rock aujourd’hui, concernant sa popularité. Il est partout, en Angola, en Chine, au Pérou. Au même niveau que tout le reste en fait.

Romain : Et puis le hip-hop s’est vachement standardisé. Aux Etats-Unis, par exemple, quand tu vois Kanye West qui sort “Jesus Walks” et des mamas de 50-60 ans à ses concerts, tu te dis que ça fait partie de la culture, que c’est rentré dans les moeurs. Et c’est pas encore le cas en France, même si on peut en blâmer personne.

TH : Ouais, en France ce qui marche c’est plus du Sexion d’Assaut, on part sur des refrains chantés, avec des textes…

R : Sexion d’Assaut, je trouve que ça rappe, quand même. Bon après, les refrains chantés tout ça, c’est plutôt mainstream c’est sûr mais ça reste technique.

TH : Vous avez presque le même nombre de membres dans vos groupes mais chez vous tout le monde est utile…

R : (rires) Je ne répondrai pas mais oui, tout le monde est utile dans mon groupe, effectivement.

E : (il sourit) Je ne répondrai pas non plus…

TH : Quelques questions, encore plus triviales. Si demain la terre s’arrêtait de tourner, quel groupe ou quel artiste vous sauveriez ? L’un et l’autre.

E : Il faut que l’artiste soit vivant du coup ?

R : Moi je dirais mon groupe, parce que c’est mes potes.

TH : Oui, il vaut mieux qu’ils soient encore vivants. Et sinon, outre votre groupe ?

R : Bon, si nous on reste quand même en vie je dirais un groupe féminin du coup. Mais sinon, le problème c’est que mes artistes préférés sont déjà morts en fait…Mais allez, Method Man ouais. Je trouve que c’est un personnage. Et puis c’est quand même un gars du Wu-Tang.

E : J’allais dire The Roots mais je pense revenir sur mon choix, ils sont quand même nombreux. On peut pas tous les sauver…

R : Ouais ben tout le Wu-Tang alors !

E : Mais je vais quand même pas dire The Roots. Je vais choisir Neil Young. Il a déjà écrit plus de mille morceaux, il est déjà vieux, et j’aimerais bien avoir son avis sur les prochaines 200/ 300 /400 années à venir.

R : Pourvu que ça marche, parce que moi ça me dirait bien du coup d’être genre aux Eurockénnes, avec le Wu Tang! Si y’a une scène, un micro…

TH : C’est tout le mal qu’on vous souhaite.

R : Ouais mais du coup, vous serez pas là ce n’est pas marrant.

TH : Et enfin, qu’est ce que vous faites In The Morning ? Un jour normal. Pas demain hein ? Parce que demain vous allez dormir j’imagine.

R : Euh… ben..j’ouvre les yeux, je comate trois secondes, je vais faire pipi et je me mets du son. Je pourrais écouter la prod’ que j’ai fait la veille, pour voir si je n’ai pas fait de conneries. Ecouter la dernière maquette d’Art District, ré écouter des morceaux d’Art District parce qu’on est en concert et que j’ai des doutes sur une structure. Je sais pas, écouter du dubstep, ou écouter de la soul, parce que je suis avec une meuf ou pas… enfin voilà.

E : Alors, ce matin, j’ai d’abord mis du son, du gros rap qui défonce. Je voulais avoir un bon exemple pour commencer la journée. Après j’ai médité vite fait. J’ai bu un verre d’eau citronnée. J’ai lu sur un site médical que si on pouvait incorporer une chose dans notre routine matinale, genre une chose, sur tout ce qu’on pourrait faire… c’est boire un verre d’eau citronnée, ça enlève les toxines. Du coup, voilà en fait j’ai fait 3 trucs qui me font grave plaisir, je voulais commencer ma journée des Eurocks comme ça avec du son, de la méditation, et avec de l’eau citronnée.

R : D’ailleurs je le remercie parce que sa bouteille d’eau citronnée m’a bien aidé.

TH : L’interview touche à sa fin donc si vous avez des gens à remercier, des infos à faire passer…

R : (rires) Dédicace la famille, t’as vu! Plus sérieusement je remercie le SAMU, qui m’a passé un produit miracle, qui marche 45 min, mais là c’est fini. En fait, j’avais le nez bouché, ils m’ont passé des gouttes, c’était dégueulasse, et par contre ça a marché 45 min. Le temps du set, je suis descendu de scène, et je fais « ah ouais je reparle du nez… »

E : Dédicace à toute l’équipe d’Art District.

R : Anne, Cha, Kiri, Nico, ce sont des personnes qui nous suivent, du début à la fin, qui sont tout le temps là avec nous.

E : Fred, Artefact, qui sont là et une spéciale dédicace à Lyre Le temps avec qui on sort un single lundi 2 juillet, “Swing Machine“, ça c’est pump it up pour le son du matin!

R : Alors ouais, le jus de citron c’est dégueulasse, par contre “Swing Machine“, in the morning ça vous mettra bien. Big up à toutes les personnes qui sont là pour nous et à la musique!

 

Swing Machine – Art District ft. Lyre le Temps by French Gramm Records

 

TH : Et bien merci encore.

E : Et moi je veux dire, Big Up aux Eurockéennes!

R : Ouais quand même!

E : On est dans un cadre I-DY-LLIQUE!

TH : Parfait les gars, merci beaucoup.

Art District : WebsiteFacebookTwitterSoundcloud

One Comment

  1. Pingback: Photos de vacances : Les Eurockéennes de Belfort | TrendHustler

Laisser un commentaire