Graphisme et French Touch @ Musée des Arts décoratifs

En 1994, Eric Morand, fondateur, avec le DJ Laurent Garnier, du label de musique techno, F Communications, déclare : « We give a french touch to house music ». Ce terme « French Touch » qualifie un mouvement de musique électronique français représenté par des groupes comme Air, Daft Punk, Cassius… Ce mouvement s’est illustré sur la scène internationale et s’est étendu à tous les créateurs visuels qui accompagnent cette musique. Ainsi, du début des années 1990 au début des années 2000, jamais en France, graphisme et musique n’ont été aussi proches. A travers plusieurs centaines de flyers, de pochettes de disque, de vidéos, Les Arts Décoratifs, retracent dans une scénographie du collectif 1024, cette histoire commune dont la portée internationale a permis à ces graphistes : les M/M, H5, La Shampouineuse, Geneviève Gauckler, Alex Courtès, Sophie Toporkoff de s’imposer et de s’ouvrir à d’autres champs d’application.

 

 

Cette synergie entre musique et graphisme s’explique par la nature même de la musique électronique et par l’attitude partagée de ces artistes qui rejettent en bloc le star system et les codes marketing qui l’accompagnent. Au début des années 1990, les labels indépendants se mettent en place à l’insu des majors, tandis que les ateliers de graphistes voient le jour à l’ombre des agences de publicité.

 

Ces nouveaux labels se tournent vers les modèles anglais et américains en s’inspirant de collaborations qui existent déjà : comme le label Warp et le studio de graphisme Les Designers Republic ou entre le label mo’Wax et le graffeur Futura2000.

 

Graphistes, labels et musiciens nouent des liens forts : H5 avec les labels Solid ou Pamplemousse, Restez Vivants ! avec le label Artefact puis avec Yellow Production, Tom Kan avec le label Pro-Zak Trax, M/M avec le groupe The Micronauts, Serge Nicolas avec Benjamin Diamond, Sylvia Tournerie avec Bosco, Alex Courtès avec Cassius.

 

Ces jeunes graphistes, qui au début des années 1990 n’ont pas encore d’écriture marquée, ne se revendiquent pas d’un mouvement ou d’une idéologie commune. Ce qui les réunit est leur âge, leur cursus, leur intérêt pour la musique électronique et les références graphiques anglo-saxones. Ils rejettent l’idée d’un graphisme exclusivement culturel ou engagé qui leur a été enseigné, tournant le dos aux grands courants suisse et polonais ou au graphisme social et politique incarné par Grapus.

 

L’absence de cadre que leur offre l’univers de la musique les séduit. Producteurs et musiciens veulent accompagner leurs créations d’un univers visuel original avec comme principe premier l’absence de représentation des artistes. Dès lors, la pochette de disque et les flyers deviennent les pages blanches de leurs expérimentations. Chacun élabore son univers graphique : Michel Poulain, alias La Shampouineuse , réalise des flyers inspirés des années 1970, tandis que les images technoïdes de Geneviève Gauckler côtoient les pochettes dessinées des M/M ou de Seb Jarnot. Alexandre Courtès revisite les comics et Agnès Dahan l’image de mode.

Via les arts décoratifs

 

French Touch : Graphisme / vidéo / électro

du 10 octobre 2012 au 31 mars 2013

Les Arts Décoratifs – Publicité
107 rue de Rivoli, 75001 Paris

A l’occasion de la Nuit Blanche 2012 qui se déroulera le 6 octobre, le Musée des arts décoratifs organise une projection de Logorama, le célèbre court métrage du collectif H5 oscarisé en 2010 puis primé aux César en 2011, sera projeté dans les jardins du Carrousel, de 20h à 7h du matin.

Découvrez le programme des Arts Décoratifs lors de la Nuit Blanche 2012

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1 Réponse

  1. 2 octobre 2012

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