[Nostalgie : Retro-Gaming à la BNF] De l’importance de la conservation hardware

Le speech traditionnel selon lequel le jeux vidéo est devenu un média accompagnant notre quotidien depuis X décennies s’avère aujourd’hui obsolète…. à moins d’avoir vu le jour en ces temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître,  on a tous grandi avec jeux électroniques, console branchés sur la télé du salon, et jeux d’arcades dans le bistrot du coin, ou plus simplement pour les benjamins parmi nous, avec une console et/ou un pc.

Pong : Là où tout a commencé…..et là d’où tout semble recommencer…

 

Le rétro-gaming, bien que récent, trouve une audience auprès d’un public cible ayant atteint un âge où la nostalgie et l’instinct de conservation sont des leviers animant les actes et les hobbys (sans liaison, svp) des individus qui le constituent.

Les progrès dans l’industrie de l’électronique et la miniaturisation qui en a résulté participe à l’émergence d’un véritable marché : applications sur smartphones, consoles portables « ouvertes » sur lesquelles il est possible d’installer ses émulateurs et ses roms, réédition de hits rétro en HD sur le PSN ou le Xbox Live……

La NES : icône parmi les icônes du rétro-gaming….

 

Bref, le rétro-gaming commence depuis un certain temps à sortir des balises traditionnelles de la contre-culture et s’impose comme une composante essentielle du hype, que ce soit chez les gamers, les casuals ou les hipsters (lesquels risquent de délaisser le phénomène si il lui venait l’idée malencontreuse de devenir trop mainstream :p )

… au point d’en exploiter le merchandising jusqu’à la moelle

 

Toujours est il que la plupart de ce que nous offre le marché surfant sur la vague des doux souvenirs de notre enfance se limite aux jeux en eux même, ce qui compose une part non négligeable du plaisir de jouer certes, mais comme madeleine de Proust, on a déjà vu mieux. Le collectionneur qui sommeille en chacun de nous réclame l’activation de sa mémoire par le biais de tous les sens : qui n’a pas le souvenir de la texture du bouton select de la manette NES, l’odeur du plastique de la manette de la Supernintendo, les ampoules faites au pouce à force d’enchaîner les hadoken sur le Street Fighter II’ de la Megadrive, la saturation si particulière des voix digitalisées d’un Fatal Fury sur Neo-Geo, la châtaigne qu’on se prenait sur les embouts métalliques de la manette d’une Coleco Vision si on avait l’outrecuidance de transpirer des mains ?

La Coleco vision, ses châtaignes, son design expérimental, ses manettes à la conception hasardeuse ….en deux mots : un bijou !

 

Je m’emballe, et ces souvenirs donnés en exemple n’ont pas la même résonance dans chacune de nos mémoires, mais je pense que vous avez saisi le truc et que chacun doit avoir ses madeleines. Ces madeleines qui ne demandent qu’à être réactivées ne peuvent être émulées sur d’autres supports que les originaux.

C’est là qu’interviennent des associations telles MO5.comWDA, véritables réseaux de passionnés qui oeuvrent à la conservation d’un  patrimoine, beaucoup plus vaste qu’on ne pourrait l’imaginer.

La Bibliothèque Nationale de France (BNF) propose une session d’initiation à la discipline du retro-gaming, et à la conservation en général, dans le cadre de la collection Charles Cros (initiative pour la conservation des sons sur leur support originaux, en complément de leur numérisation). Bien entendu il sera possible de rejouer aux consoles et autres machines mises à disposition par les associations participantes. La session s’achèvera par une conférence au titre évocateur : « Le jeu vidéo peut il changer le monde ? »

 

Ca se passe le mercredi 21 novembre, à la BNF à partir de midi. Les détails sur leur blog.

 

 

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1 Réponse

  1. Reverend D. dit :

    Aaaaaah (expression de contemplation béate) … les stripes de Metal Slug et l’univers sonore de Bare Knuckle II …

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