Interview : Soul Square

TrendHustler a rencontré une partie des membres de Soul Square avant leur live pour la soirée Excuse My French « Allo Floride » qui a eu lieu le 19 janvier à la Bellevilloise. Entretien avec Guan Jay, Racecar et Arshitect :

 

Soul Square

TRENDHUSTLER : Après quelques maxis et votre premier album « Live & Uncut », remarqué par le public, vous revenez avec un nouveau projet. Vous pouvez nous parler un peu de votre actualité ?

 

Arshitect : Oui, on a pris un peu de temps pour réfléchir à un nouveau projet. On est parti sur un EP, plutôt qu’un album. Il s’appelle « Millésimes Serie Volume 1 : Racecar ». C’est sorti sur les plateformes digitales le 21 janvier dernier, le projet est aussi sorti en vinyle le 11 Février.
Donc là il s’agit du volume 1 avec le rappeur Racecar, originaire de Chicago. On souhaiterait développer une série, pour chaque volume, on travaillera avec un rappeur différent, et on fera six morceaux avec lui. Le but, c’est vraiment de faire le projet en vinyle. Le vinyle, c’est pas comme un album où tu peux mettre 74 minutes, là tu en mets 30 ! Donc, ça limite forcément le nombre de morceaux : on a fait 6 morceaux & 4 petits interludes avec un concept derrière.

 

 

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TH : Où avez vous rencontré Racecar ?

 

Arshi : C’est lui qui nous a contacté, quand il est arrivé à Paris il y a 2 ans. Par différentes connaissances communes et via des blogs, on lui a conseillé de venir bosser avec nous. Quand Racecar nous a contacté, on a kiffé ce qu’il faisait et on a commencé directement à travailler avec lui.

 

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TH : Donc, belle rencontre avec Racecar ?

Arshi : C’était via un blog d’Amsterdam, The Find Magazine. Ils nous avaient parlé de Racecar, qui allait bientôt venir en France. Quand il nous a contacté, on n’était pas du tout prêt à recomposer des morceaux. C’était un an après « Live & Uncut », qui a mis très longtemps à sortir, ça tardait à venir. Ca nous a bien calmé, et pendant un an, on s’est concentré sur le live, et pas sur la création de nouveaux morceaux. C’est vraiment cette rencontre qui a créé l’envie, c’est lui qui nous a motivé. Et comme on ne voulait pas faire un « Live & Uncut 2 » avec pleins de rappeurs, on s’est fait plaisir avec « Millésime Série Volume 1 ». Ca reste du Hip Hop, ça reste la base, l’essence de ce qu’on fait !

 

 

 

 

TH : C’est presque la logique de la Mixtape avec l’invité!

 

Arshi : Exactement, on voulait d’abord se faire plaisir avec ce projet avant de monter un truc beaucoup plus réfléchi, un album quoi ! Parce que mine de rien c’est différent… Je pense qu’après on fera un album purement instrumental qui nous prendra peut être plusieurs années à réaliser. «Millésime» c’est un vrai truc Hip Hop, où on se fait plaisir en fait.


TH : Un truc ludique pour vous.

 

Arshi : Ouais, voilà !

 

TH : Je peux vous demander vos âges ?

 

Arshi : Moi, j’ai 28
Guan Jay : 39
Racecar :
Dans les alentours…
Arshi :
PermOne il a la trentaine et Atom, il a 32 je crois.
Guan Jay :
Avec Racecar, c’est nous les darons. (rires)

 

TH : Si je vous pose la question, c’est juste parce qu’à l’écoute, y’a un son… J’ai 38 ans, c’est pareil si tu veux je retrouve une espèce de logique dans les structures et même dans les sonorités que vous utilisez. Ne serait-ce que pour les rythmiques, il ya quand même une grosse base Old-School !

 

Arshi : Ah oui ! Notre son, c’est le son vraiment qu’on a kiffé, c’est les années 90. Après je pense que c’est différent parce que, mine de rien, on sent qu’on travaille avec des machines d’aujourd’hui. On a emmagasiné énormément de manières de bosser, ce n’est pas juste une boucle, on travaille avec des musiciens… C’est plutôt frais, mais ultra inspiré des années 90, c’est sûr et certain.

 

 

 

TH : Sinon, c’est quoi le truc avec Nantes ? Vous développez un son West Coast en France ?

 

Arshi : Y’a Hocus Pocus, C2C l’ancienne époque, pas mal d’autres personnes moins connues. Mais honnêtement, je ne sais pas pourquoi.. Y’a énormément de beatmakers partout. Il y a aussi la compétition TKO de Djing & de Beatmaking. Ca a été les premiers à faire des compétitions de Beatmakers.

 

TH : Et vous y avez beaucoup participé ?

 

Guan Jay : Non ! Nous, pas en tant que participants. Jamais en fait !
Arshi : Cette année, on nous a demandé de sélectionner, de noter les participants. C’est plus, sans être péjoratif, pour ceux qui débutent, qui n’ont pas encore de « nom ». On se verrait pas y participer aujourd’hui…
Guan Jay :
Y’a eu des beats de qualité dans les propositions, on a bien senti les différences de niveau. Le panel est assez large chez les Beatmakers. Ils font la même chose pour les DJs, mais cette année, seulement 2 Djs s’étaient présentés.
Arshi :
Par contre, il y a eu 25 beatmakers. Si ça se trouve, maintenant le beatmaking est plus à la mode que le Djing. Surtout avec les nouvelles machines, t’as plus besoin d’une MPC. Maintenant, ils font pleins de trucs, avec des boutons rouges de partout, on a l’impression que c’est un jouet…
Guan Jay : En fait, c’est des séquenceurs !

 

TH : Sur scène, vous jouez de quoi chacun au fait ?

 

Guay Jay : Moi, j’ai une prédilection pour la guimbarde (rires).
Plus sérieusement, sur scène je joue sur un clavier midi, parce que j’ai commencé avec ça. Je dirais que j’ai un peu plus de facilité à jouer, et en même temps, je peux caler plus d’échantillons que sur les pads.

 

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TH : Et du coup, tu passes par quoi comme soft ?

Guan Jay : Cubase, et après dans des samplers virtuels, où je cale mes échantillons.
Arshi :
On a toujours travaillé via l’ordinateur, pas avec une MPC ou d’autres machines. Pour le live, on a investi dans du matériel pour pouvoir jouer « live » : Guan avec son clavier, et nous avec des MPD. C’est l’équivalent des MPC mais en midi.
Ce soir, Atom sera la pour le Djing. Il est dans le groupe, mais avec la tournée de C2C, il n’est quasiment jamais là. Donc en général, on tourne à 4 avec Racecar. La formation de base c’est à 3, purement machines ! Ce soir, c’est juste notre deuxième concert avec Racecar !
Guan Jay :
On sent qu’on regrette déjà un peu ! (rires)
Arshi :
Honnêtement, on sent clairement la différence ! Ce n’est pas comme avec un Dj ou un beatmaker, les gens savent ce que Racecar fait sur scène. Nous, ils nous voient appuyer sur des trucs… Mais ils ne comprennent pas ce qu’on fait sur scène.

 

TH : Y’a une incompréhension du coup !

 

Guan Jay : Ouais, il faut faire des pains pour qu’ils se disent : « Ah, ils jouent vraiment ! »
Arshi :
Pour le Dj, il y a un côté un peu « instrument », on sent une interaction, ça s’entend. Nous, on re découpe et on rejoue tous nos samples. Si on les rejoue parfaitement, c’est comme un disque.
Guan Jay : Et puis on ne joue pas toujours la même chose : un sample, une basse, une base rythmique… On n’a pas un rôle attitré. Du coup, ça suscite l’incompréhension, des questions…
Arshi :
A certains concerts, on passait 2 heures sur scène. A la fin, on se faisait presque insulter : « Mais vous avez foutu quoi pendant 2 heures ? ». Mais le premier concert avec Racecar, c’était fou ! Ca s’est passé à Lille, on a joué à 19h30. On pensait qu’il n’y aurait personne, et y’avait 800 personnes!

 

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TH : C’était à quelle occasion ?

 

Arshi : C’était pour le festival « Le Père Noël est-il un rocker ? »
Guan Jay :
Dans la salle, « Le Splendide »
Arshi :
C’est un festival associatif assez connu. Les gens ne payent pas leur place, mais ils viennent avec un jouet neuf et le donnent. L’asso redistribue ensuite les jouets. Là, c’était vraiment blindé, c’était une bonne surprise, et on avait bien travaillé le set… Le fait d’avoir Racecar en plus, ca a créé une interactivité avec le public. Les gens oublient les machines, ils kiffent juste l’ensemble. Alors que sans rappeur devant, le public te regarde et attend un truc qui n’arrive pas.
Guan Jay (à Arshi) : Et comme tu n’es pas très photogénique de toutes façons… (rires)

 

TH : Juste par curiosité, vous avez toujours été dans la famille Hip Hop, où vous avez une base musicale qui n’a rien à voir ?

Guan Jay : Ouais, si on veut. Après, il m’arrive de travailler sur d’autres projets avec des amis. Autant des projets House, Drum & Bass, ou même sur de la chanson française. Quelque part, le monde est petit, et on est toujours amené à rencontrer des gens, musiciens ou autre. Et puis, parfois, il ya des propositions, et ça m’arrive d’y participer. Le Hip Hop ça reste mon kiff, c’est ce que je veux faire essentiellement !
Arshi (à Guan) :
A la base, on vient tous du Hip Hop, même si on a voulu tester d’autres styles. Mais maintenant le Hip Hop, ça veut un peu tout et rien dire… On peut tellement s’inspirer de styles musicaux, que au final…
Guan Jay :
On reste dans le style qu’on apprécie, un peu une consonance des années 90. On ne va pas se mettre à faire du crunk, quand ça passe au crunk. On va pas se foutre du Skrillex à balle parce que c’est ça qui fait jumper les gens. Parce que je pense qu’il y a pas mal de gens qui suivent un peu la vague de ce qui se fait en ce moment. On reste vraiment dans la musique qu’on aime, et apparemment ça fonctionne bien, vu les retours qu’on en a !

 

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TH : Et justement, 2-3 petites questions rapides, pour finir. L’album que vous avez retenu cette année (2012) ?

 

Arshi : Apollo Brown & O.C., « Trophies »
Guan Jay : Moi, je te dirai que j’en sais rien, j’écoute plein de trucs différents, y’a pas tellement un album qui m’a tapé dedans !
Arshi (à Guan Jay) : T’écoutes rien de nouveau surtout ! (Rires)
Guan Jay :
En fait, je prends du temps pour bosser la musique, pour chercher des sons. Le seul moment où j’écoute vraiment de la zik, c’est quand je suis dans ma voiture… Ou alors quand je vais chez des potes, qui me font écouter des trucs.

 

TH : Vous n’êtes pas obligé d’avoir eu une révélation cette année aussi…

 

Racecar : Le dernier Karriem Riggins chez Stone Throw records. Le mec vient de Détroit, Michigan. Son album est juste énorme !
Guan Jay :
Ca, c’est de la promo cachée pour un pote à lui ! (rires)
Arshi : En fait, aujourd’hui les programmateurs radios, les Djs… connaissent dix fois mieux la musique que ceux qui la font… Parce que leur trip c’est d’écouter et de faire découvrir.

 

TH : LA vraie question où, normalement vous êtes censés pouvoir répondre directement c’est : Quel skeud, s’il n’avait pas été fait tu aurais été dans la merde ? Le skeud que tu as dans ta discographie et que tu ne pourras jamais lâcher ?

 

Arshi : Euh…

 

TH : Ouais, rappelles toi, il y a eu une époque où tu achetais des disques…

 

Arshi : Celui qui me vient à l’esprit bizarrement, c’est « Dr. Dre Chronic 2001 ». C’est assez éloigné de ce que je fais.

 

 

Guan Jay : Moi en vinyle, je ne me séparerai jamais de « Dah Shinin » de Smif-n-Wessun. C’est un vinyle que j’aime bien, qui passe souvent sur la platine…

 

 


TH : Oui, ça je peux comprendre… Et puis ferme bien tes fenêtres parce que, celui-là, je ne l’ai pas ! (Rires)

 

Guan Jay : Ben moi je l’ai ! (Rires)


Racecar :
J’ai pas vraiment d’album favori, mais un de mes préférés c’est, The Dereliks

 

Ou bien Modill son album éponyme sorti en 2009

 

TH : Bon ben pour moi c’est bon, merci les gars et bon live!

 

Soul Square : Merci à toi !

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5 Réponses

  1. RacecaR dit :

    MERCI BEAUCOUP!!!!!
    Big up Trendhustler!
    -RacecaR

  2. Aava dit :

    Trop de termes techniques je suis un peu perdue, difficile à suivre, je ne parle pas là langue des platines, je ne fais qu’apprécier le taff.

    PS: Soit le dénommé Arshi à perdu un pari soit il est naturellement une « vraie pipelette »
    ;-)

  3. Guan Jay dit :

    Merci a vous, interview bien sympa.

    Portez vous bien

    PS : j’ai sécurisé mes fenêtres…

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