Interview : MATMOS

Matmos reviennent pour un nouvel album basé sur des expériences télépathiques.
En ressort un album plus accessible où se mélangent la machine et l’esprit humain.
Drew Daniel a répondu à quelques questions pour nous à la veille de son concert avec Martin Schmidt à la Maroquinerie.

TH : Sur cet album, le thème dominant est celui de la télépathie. Dans le titre « You » vous affirmez vouloir tout savoir sur cette pratique. Que voulez vous savoir exactement sur la télépathie ?

J’aimerais savoir si c’est possible et en connaître la limite. « You » est en fait le cover d’une chanson de Leslie Winer et Holger Hiller.

Je pensais que c’était une bonne idée d’ouvrir avec ce titre vu les paroles qui reflètent bien le concept de l’album. La chanson originale est plus conceptuelle que notre version, on a essayé de trouver un équilibre entre une musique abordable et un titre expérimental. Cet équilibre s’opère surtout entre le piano et un instrument coréen, le « piri » (une sorte de hautbois coréen).

 

Un autre cover  termine l’album, cette fois-ci des Buzzcocks, pourquoi ce choix d’ouvrir l’album et de finir celui-ci avec des cover ?

Le fait de faire une reprise  nous permet d’être connecté avec quelqu’un d’autre, le groupe original. Il y’a donc un aspect télépathique avec ces reprises de Holger Hiller et des Buzzcocks, on a essayé de comprendre comment ils se positionnaient par rapport à leurs propres chansons. Pour « ESP » des Buzzcocks, on a voulu commencer avec quelque chose de très sombre et effrayant pour aller vers une musique plus ouverte et joyeuse, il y a cette sorte d’ambivalence entre les bonnes et les mauvaises expériences télépathiques.

 

L’album s’intitule « The Marriage of True Minds » (d’après un sonnet de Shakespeare), quel est pour vous la définition de « vrais esprits » ?

Il y’a la définition stricte en prenant compte de l’époque à laquelle vivait Shakespeare qui pourrait être un engagement romantique et sexuel mais on dit aussi en anglais « A wheel is true if it turns heavenly » (une roue est « vraie » si elle tourne parfaitement). Donc « True Minds » représente ces deux aspects. J’aime aussi l’idée que le mariage de vrais esprits est romantique mais aussi résume en quelque sorte la pratique télépathique.

Vous avez même expérimenté la télépathie sur des patients pour créer votre musique, comment cela s’est-il passé ?

On a travaillé avec des amis musiciens et des étudiants de l’Université d’Oxford. La télépathie a permis de créer cet album.
Par exemple « Aetheric Vehicle » provient en partie d’une session de télépathie avec un ami. Il entendait dans son esprit une mélodie pentatonique (gamme blues) et il voyait dans son esprit un jeu d’échecs japonais. Donc, j’ai acheté un jeu d’échecs japonais pour l’enregistrer et en faire le rythme, puis j’ai rajouté une mélodie en gamme pentatonique.
Pour les sessions de télépathie, on faisait ça dans notre maison, notre « patient » venait s’allonger sur le canapé, portait des écouteurs qui crachaient du white noise (comme quand canal+ est crypté) avec les yeux couverts. Auparavant, on lui avait expliqué que j’essaierais de lui transmettre le concept de notre nouvel album par la pensée et qu’il nous décrirait par oral ce qu’il entendait, voyait et ressentait, tout ça étant filmé bien sûr. Ensuite, on écrivait tout ce qu’il disait et ça devenait une partition que l’on arrangeait au fur et à mesure.

Donc vous voyez cet album plus comme un concept album ou une réflexion en musique ?

J’espère que c’est les deux ! J’aimerais que ça soit autant un album pop qu’un travail conceptuel. Dans un sens, on peut l’écouter en tant que simple musique ou on peut être au courant du travail autour de cet album et y réfléchir.

 

 

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