Neu!2 #10: The Knife, Daughter, Inc.

The KnifeShaking the Habitual

The Knife - Shaking the HabitualAutant l’annoncer tout de suite, le nouvel album de The Knife, aussi passionnant et important qu’il soit, n’est pas à mettre entre toutes les oreilles: ouvertement politique et expérimental, Shaking the Habitual est véritablement un album à part, demandant autant de temps (l’album dure 1h36) que d’implication de la part de l’auditeur. Même pour les amateurs du groupe, le changement est radical. La marque de fabrique electro-pop (et commercial-friendly) du groupe, qui était encore d’actualité sur leur précédent opus il y a 7 ans n’est plus. Les morceaux dépassent pour la plupart les 9 minutes et combinent musique ambiante, esthétique punk, approche indé, instrumentations exotiques et/ou indus, et beats robotiques dissonants. Ils évoquent aussi bien une Björk qui aurait laissé tomber ses recherches en musicologie pour un mode de vie punk altermondialiste, qu’un Portishead qui serait allé encore plus profondément dans son travail de déconstruction. Les ambiances qui y sont gravées décrivent une vision dystopique d’un Occident post-crise économique: un monde en ruine, désolé, hostile et chaotique, où l’homme y apparaît désespéré et aliéné. Les textes quant à eux sont ouvertement contestataires: les paroles des morceaux sont inspirées des chansons protestataires des années 70 et l’artwork qui accompagne l’album contient une BD sarcastique contre « l’extrême-richesse », le tout attaquant les institutions économiques et familiales traditionnelles ainsi que l’ordre établi du monde. Véritablement novateur, ambitieux et radical, Shaking the Habitual est d’ores et déjà un des grands albums de 2013.
[audio:http://www.trendhustler.com/wp-content/uploads/2013/04/11-Stay-Out-Here.mp3]

 

DaughterIf You Leave

Daughter - If You LeaveVoilà comment aurait du sonner le dernier The Xx. If You Leave est un magnifique objet pop indé, habité par des fantômes se nichant entre les sons, quelque part entre la voix douce et mélancolique de la chanteuse Elena Tonra, et les échos lointains des instruments. A la base, un projet solo de Tonra, Daughter a vite été rejoint par ses camardes d’école de musicologie à Londres, le guitariste suédois Igo Haefeli et le batteur français Rémi Auilella. Après une série de EP en 2011 qui leur ont acquis une solide fanbase (de quoi remplir l’Islington Assembly Hall par exemple), ils ont signé chez le prestigieux label indé 4AD (au choix Bon Iver, Beirut, Deerhunter), et se sont pris l’année 2012 pour enregistrer tranquillement leur premier album, entre la maison et différents studios londoniens. Produit par le guitariste avec l’aide du poids lourd Radaidh McDonald, le groupe a réussi à concilier le meilleur de l’indé britannique évoquant, entre autres Beach House, The Xx (évidemment), Bloc Party avec quelques touches de Sigur Ros (dont ils assurent cette année la première partie). La construction des morceaux est très créatives, les parties instrumentales très inventives, et elles servent parfaitement la voix de Tonra, incarnant complètement l’album, avec des paroles magnifiques au service d’émotions intenses.
[audio:http://www.trendhustler.com/wp-content/uploads/2013/04/06-Tomorrow.mp3]

 

Inc.No World

Inc. - No WorldInc. ce sont deux frères, Andrew et Daniel Aged, des habitués des studio d’enregistrement, qui peuvent afficher sur leur CV les mastodontes de la pop que sont 50 Cent, Elton John, Pharell Williams, Beck, Raphael Saadiq, Cee-Lo ou encore Robin Thicke. Ils ont commencé à enregistrer pour eux-même en 2010, et No World, en 2013 est leur premier album. Totalement écrit, enregistré et mixé par les deux frères durant l’hiver, l’album est largement inspiré par la R&B et à la soul old school, avec une touche indé dans la production (notamment dans son épurement et sa grande liberté créative) permettant de bien l’ancrer dans l’air du temps. A noter que l’album sort chez le label indé 4AD, tout un symbole. L’ambiance y est sensuelle et douce ; les paroles sont susurrées dans l’oreille, sur un tempo lent et des sons chalereux, avec une influence jazzy très présente, ce qui le rend parfait pour accompagner les levers de soleil en ces premiers jours de printemps. Mais sous les mélodies pop et cette décontraction, quelques dissonances et quelques sous-entendus viennent enrichir l’ambiance d’une menace sourde, rappelant que l’orage n’est jamais bien loin. De très bon augure pour la suite.
[audio:http://www.trendhustler.com/wp-content/uploads/2013/04/03-Lifetime.mp3]

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