Interview : Dinner At The Thompson’s

Quasiment 3 ans sans les croiser.
C’est vous dire si on attendait la Release Party à la FLèche d’Or avec impatience.
Enfin un nouvel album des Dinner. Pour le moment ce n’est qu’un EP, de 7 titres tout de même.
“Parce qu’on voulait faire un petit format, moins compliqué, juste pour tester. Ça faisait longtemps qu’on avait rien sorti, donc on a préféré faire un EP et peu après sortir un album” nous explique Lucille Tee.

Nom de code “DATT”.
Comme Dinner At The Thompson’s?
Non comme “Digital Audio Trip Together”.
Sorti le 24 juin en attendant l’album, le vrai, le complet, qui arrivera en novembre.

3 ans donc.
À travers le monde, entre Santa Cruz et Le Havre.
Santa Cruz et Le Havre?
Ouais mec.
Contraste étonnant oui.
C’est de ces deux villes que sont originaires Lucille Tee, la voix californienne, et Fablive, le beatmaker de la cité en béton.
Alors retour aux sources?
Pour se ressourcer en tous cas.
“Ça nous a fait énormément de bien de s’écarter un peu de Paris, de retrouver une vie un peu plus saine. Pour la créativité c’est pas mal.”
Quand on passe son temps sur la route et sur scène, de temps en temps un retour sur ses terres s’impose, “pour retrouver le boogie” nous dit FabLive.
Et ça se ressent dans les titres, les plus funky, élaborés à Santa Cruz, « Pink and Grey » dans le gris du Havre. Ça ne s’invente pas.

Comme toujours les Dinner étaient (et sont encore) partagés entre plein de projets, la tournée de promo du précédent album, les musiques de films, la création du label et la production d’autres artistes, ça laisse peu de place pour enregistrer un nouvel album. Alors c’est oui sur la route, en live, dans le camion et même sur la plage que l’album a été imaginé, testé et enregistré.
Pour Lucille c’est un avantage d’être une petite formation, “on n’est pas un groupe qui a besoin de s’enfermer dans un studio pour travailler”

Et ce sont de nouveaux sons que nous servent les Dinner.
Après un passage très soul sur “Off The Grid”, et même “cliché dans les styles, mais c’était voulu” selon Fablive, ils reviennent à un son plus personnel « un peu comme sur le premier album « Lifetime »
“On a fait une autre recherche, plus pop. On a cherché d’autres influences, sans se donner de barrières”
En tout cas, les nouveaux titres sont très inspirés, par les années 80. Par tout ce qui se passe en ce moment autour des 80’s.
Pour Lucille “On est artiste mais on ne peut pas non plus éviter d’entendre le mouvement 80’s autour de nous, et on a voulu faire une petite chose. C’est sympa les 80’s et c’est sympa d’avoir participé à notre manière au renouveau de cette époque”
En travaillant au Havre, Fablive a “retrouvé tout le coté de son adolescence, et des années 80 avec l’arrivée de la new wave, des Cure et des Smith”.
Cette fois-ci c’est plus pop mais “on change tout le temps, peut être qu’on fera du rock à un moment dans notre vie”

“On avait envie d’être nous mêmes, de changer de son.”
C’est aussi pour ça qu’il n’y a pour le moment pas de featuring sur l’EP.
Il y aura peut être des surprises sur l’album.
Même sans invité (pour le moment) il y a du nouveau dans le groupe.
Enfin un nouveau venu.
Philippe.

En renfort à la batterie, « je suis le survivant du Magic Bunch », qui assurait certaines parties instrumentales sur “Off The Grid”.
Pas si nouveau venu que ça donc.
Il a amené un autre regard sur les productions, “il nous a éclairé et aidé” nous confie Fablive.

Quand on a autant d’influences et de références que les Dinner on ne peut pas ne pas leur demander ce qu’ils ont dans les oreilles en ce moment.
Et ça devient difficile de les tenir dans ces cas là.
Ça part partout. Il y en a pour tout le monde.
Fablive aime beaucoup le travail de Adrian Younge, tout ce qui se passe chez Warp ou Hudson Mohawk.
Tous les deux aiment Flako ou Toro Y Moi. Le morceau « So Many Details » parce qu’il « rejoint les codes de notre EP mais produit différemment ».
Lucille a découvert une chanteuse sud africaine Zaki Ibrahim.
Philippe lui, écoute pas mal de musique africaine, éthiopienne, malienne.
Mais c’est difficile de choisir parce qu’ « il y a pas mal de créativité en ce moment » pour Lucille, « malgré la pseudo crise de l’industrie de la musique » selon Fablive.
« Y’a plein de gens très créatifs. Avec tous les Ableton Live et les Serato, juste les influences permettent de faire la bonne musique. Il suffit de chanter dans son bain et d’être un génie. »
Lucille plaisante « je pense qu’un des prochains albums va certainement être fait dans le bain »
Fab réagit immédiatement « ah ouais avec de l’eau, on adore le son de l’eau. Bon les gens vont peut être se faire chier »
Je leur fais remarquer qu’il vont finir chez Nature et Découvertes, « On peut peut être faire un partenariat, c’est écolo. On aime être nus dans les champs » renchérit Fab.
Et c’est vrai.
Le prochain clip vous le prouvera. Soyez patients.
Fablive rigole, « on s’amuse en tout cas, dans tout ce sérieux du moment. Il faut rester BOOGIE »
« On espère que les gens vont être boogie. S’ils sont boogie on leur donnera du boogie »
Ce sera le dernier mot de Lucille avant de les laisser aller se préparer avant de monter sur scène.

En attendant le mois de novembre pour la sortie de l’album, jetez-vous sur l’EP « DATT » et la semaine prochaine vous aurez droit au nouveau clip.
Et pour les photos de la soirée c’est sur notre page facebook que ça se passe.

Isidore

King of the lasagnas

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