Chronique : Machinedrum – « Vapor City »

MachinedrumVapor City

Machinedrum - Vapor CityLorsqu’il a démarré sa carrière au début des années 2000, l’américain Trevor Stewart, aka Machinedrum, a commencé par explorer les possibilités qu’offraient la fusion du hip hop et de la jungle, ce qui fit de lui l’un des pionniers du Glitch Hop aux côtés de Prefuse 73, grâce au très remarqué Now You Know. S’ensuivit une période moins éclatante, faite d’albums de plus en plus oubliables… jusqu’en 2011 et le double uppercut Sepalcure (en collaboration avec un certain Praveen Sharma) et Room(s). Si, avec le premier, il s’inscrivait modestement mais avec classe dans la lignée UK Garage actuelle, il s’essayait avec brio, sur le deuxième, au footwork chicagoan, au point de devenir la nouvelle référence du genre.
Fort de ce succès tardif, il a multiplié les collaborations en 2012 (Jimmy Edgar, Om Unit…), avant de rejoindre l’écurie Ninja Tune en mars de cette année, pour un nouvel opus très ambitieux, marquant un retour audible à la jungle de ces débuts, qu’il s’est mis en tête de ressusciter après 15 ans de mort clinique. Il faut bien avouer que du footwork à la jungle, il n’y a qu’un pas, les deux genres en étant arrivés (via une évolution pourtant différente) à se baser sur des rythmes similaires, rapides, syncopés, répétitifs et dansants.
Enregistré entre New York et Berlin dès Room(s) terminé, Stewart a produit près de 70 morceaux pour Vapor City, avant de se décider à n’en garder qu’une dizaine. Pour l’aider dans son choix et pour donner un sens à ces 50 minutes de déluge rythmique, il s’est décidé à faire de l’album la bande son d’une excursion à travers Vapor City, une ville imaginaire qui s’est retrouvé dans bon nombre de rêves qu’il a eu à l’époque et qu’il a fini par connaître par cœur à force d’y retourner nuit après nuit.
Rempli d’incursions acoustiques et de voix mélancoliques et distantes, avec une sensibilité toute anglaise dans sa description de l’univers urbain, Vapor City se révèle être à la hauteur des ambitions de son architecte, l’album évoquant un Burial qui aurait troqué ses ballades introspectives dans un South London nocturne et pluvieux, contre une ballade dans un Chicago nocturne et enneigé, d’une footwork battle à l’autre.
Machinedrum sera en concert le 1er novembre à Paris, à La Machine du Moulin Rouge. L’album, quant à lui, sort le 23 septembre.
[audio:http://www.trendhustler.com/wp-content/uploads/2013/09/06-Rise-N-Fall.mp3]

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