Interview : Ledeunff

3 ans depuis le dernier album du groupe nantais.
3 ans de tournée.
3 ans de réflexion, d’évolution, de maturation.
3 ans pour développer ses envies.
David Ledeunff prend son temps mais on sait pour quoi.

Rencontré dans le sous sol du Workshop, réquisitionné pour la release party de « My Storm », Ledeunff est « super content ».
« Je réalise pas encore, je suis un peu né cette semaine. J’étais en haut de la montagne avec Hocus et là je recommence un nouveau cycle tout seul ».
Modeste le gars David.
Nous aussi on voudrait bien être en bas d’une montagne avec des sherpas comme les siens.
Onandon comme label et 20Syl à la prod. LE patron d’Hocus Pocus & C2C.
Pour l’EP de Ledeunff, il a pris encore une autre casquette et ils ont bossé « plus comme des collègues. Il n’a pas fait un album pour moi, on l’a fait ensemble. J’ai semé des graines et il les a arrosées ».
Ils se sont bien pris la tête à chercher de nouveaux sons, à rebosser ce qui n’allait pas. Ça a pris 3 ans d’allers retours entre les deux musiciens, d’échanges avec une stratégie, un but à atteindre. Et il fallait bien ce temps là pour faire le tri dans ses 10/15 compositions.
« J’ai eu de la chance d’avoir des gens autour de moi qui m’ont dit gentiment c’est bien mais tu peux mieux faire ».
La réalisation de cet EP a en tout cas été une bonne prise « de conscience de ce que c’est d’être compositeur-interprète et de se mettre en avant, c’est pas simple. OH PUTAAAAAAIIIIIN ».

Ce n’est pas parce qu’il a fallu faire des choix et une sélection de 5 titres, que les compos écartées ne serviront jamais.
« Moi je recycle, si ce n’est pas pour le prochain album, ce sera pour quelqu’un d’autre. Rien ne se perd. Je suis hyper long à composer donc quand j’ai un truc qui me branche je m’en sers ».
C’est d’ailleurs comme ça que s’est créé l’un des titres de l’EP.
Sur le plateau de Taratata il rencontre Christophe Maé. « Le mec me branche à faire une musique pour lui. Finalement ça le fait pas, et ben hop y’a un autre gars d’Angleterre qui m’appelle et qui me dit non mais ce son là tu l’utilises pas il est trop bien ».
Résultat quelques années plus tard, L.A.D.Y. , le single de l’EP.
Le gars d’Angleterre? Phoenix Troy.

C’est leur première collaboration, alors que les deux compères se connaissent depuis 7/8ans. « Fallait être patient ».
Pour le titre avec Asa ç’a été plus rapide.
Ils se sont croisés en tournée avec Hocus il y a quelques années et ont sympathisé et sont restés en contact.
Pendant l’enregistrement de la maquette, 20Syl trouve qu’il manque une voix féminine, un truc chaleureux.
L’éclair de génie, Ledeunff lui dit « Mais attends la semaine prochaine Asa passe en concert, je l’appelle on voit ».
Confirmation 2 heures avant et l’enregistrement s’est fait « à Nantes, à l’arrache, comme j’aime » à 1h du mat’.
« J’espère que ça va lui plaire. Faut pas faire des feats pour faire des feats, faut qu’ils apportent un vrai truc. Même si ça passe au dessus de ce que je fais ».

Pendant 3 ans il n’a pas fait qu’enregristrer, il a aussi passé pas mal de temps sur scène, à tester sa musique en jouant en première partie de pas mal d’artistes.
Steel Pulse, Nneka, Raul Midon, Asa, La Grande Sophie, Keziah Jones.
« Pour Keziah, j’en ai eu un bouton tellement je flippais ».
Là encore il se sentait en bas de la montagne, après avoir autant joué en tête d’affiche avec Hocus Pocus.
Et puis après 7 premières parties de Steel Pulse, il s’est installé, et s’est rassuré « Petit à petit ça m’a fait grave du bien ».
Visiblement dans des conditions plus agréables que ce qu’on pourrait penser. Il ne se sentait pas comme de la chair à canon.

Quand on lui demande pourquoi ce guadeloupéen breton chante en anglais et pas en français il répond « J’aime chanter en anglais, j’aime la langue, j’aime le côté percussif, la mélodie qui se dégage. Et puis toutes les musiques que j’écoute, tous les gens qui m’ont inspiré musicalement malheureusement ce ne sont pas des français. Mais on n’est pas à l’abri d’un futur album en breton pour détrôner Nolwenn Leroy ».
Justement le futur, on n’en est pas encore au breton mais il y pense déjà.
« Je suis déjà dedans. J’ai mis le doigt dans un truc je peux pas faire autrement. Je suis moteur d’un truc. Lundi j’ai vu la pochette de l’album, j’ai dit COOL, ben maintenant faut faire la suite ».

La suite ce soir là, c’était un Workshop ras la gueule, un 20Syl efficace aux platines, la guitare et la voix de Ledeunff, et un public au taquet.

Isidore

King of the lasagnas

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