STARLION : « Le sacre du chat »

La première fois que j’ai entendu son blaze, je me suis dit : « Mec, on ne pique pas le pseudo du chef des Cosmocats si on ne sait pas se battre… ». Et il faut l’avouer, Starlion est la pour en découdre. Sans complexe et avec style, il nous fait partager un univers musical vaste qui ne rentre pas dans une case. Si l’on avait déjà compris que le mec n’avait pas peur de mélanger les genres et les références dans « La cave se rebiff », il le confirme dans « Le sacre du chat ».

Alors que l’album débute sur une note plutôt mélancolique et désabusé (« Ghetto », « Jus d’orange mécanique »), la révolte ne tarde pas à sonner avec le rageux « Chat l’a » et l’électro dynamique « Brave Gars ». La griffe de La Fronce est évidemment très marquée dans l’album, mais les basses lourdes et les synthés electro caractéristiques du collectif entrainé par Grems s’agrémentent d’une musicalité omniprésente tantôt grâce à des nappes de piano et de synthés qui rappellent furieusement les années 80, tantôt grâce à des riffs de guitare électrique saturés ou la contrebasse jazzy de « Nougat noir ».

Le nouvel opus de Starlion n’est pas un simple album de rap. C’est beaucoup plus que ça. Si on y trouve une scansion caractéristique bien qu’originale, les rimes et les jeux de mots ravageurs, les égo-trips et les chroniques de ghetto, ce qui détonne c’est la façon dont il nous perd dans des voyages musicaux à l’opposé les uns des autres. Le chat est joueur, il est imprévisible. Après une plongée electro-dark, il nous remonte à la surface à coup d’uppercuts de basses et de punchlines bien senties ; tout ça pour nous enfermer dans son angoissante mais planante « Tour d’ivoire ». Il nous surprend ensuite avec des envolés jazzy, un trip rock garage teinté de punk avec « MiaW » et le délire psychédélique de « Ego System ».

Si « Le sacre du chat » peut facilement déconcerter, on ne peut que saluer l’énergie créatrice qui se dégage de chacun des morceaux. On imagine bien les films que Starlion se fait dans sa tête. Références cinématographiques à l’appui, on se retrouve sur une route sinueuse d’un film de David Lynch qui nous laisse entrevoir l’espoir ou en rendez-vous avec la mémorable Mia Wallace de Tarantino. Les références sont bien là, nous titillent l’oreille et nous font font friser les moustaches. Car l’omniprésence du cinéma dans les textes s’accompagne d’une résonance dans les instrus et c’est sans doute le lien de tous les morceaux de l’album.

La plume amère, acide, parfois grinçante, légère ou désinvolte, tous les sentiments s’expriment dans le flow de Starlion. De la colère à l’enthousiasme, de la mélancolie à la folie, il résume lui-même assez bien « Le sacre du chat » : « Tu veux du flow ? Chat l’a. Tu veux du son ? Chat l’a » !

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