Interview : St Vincent

Ton nouvel album « St Vincent » semble à la première écoute, être un peu plus hard que les précédents, tu le places comment dans ta discographie ?

J’ai décidé d’appeler cet album « St Vincent » car, je lisais la biographie de Miles Davis et dedans il dit que le plus dur pour un musicien est de sonner comme lui même. J’ai essayé d’approcher cet album avec confiance. J’ai commencé à écrire juste après être rentrée de la tournée « I Love This Giant » avec David Byrne et je pense que j’ai été très inspirée par l’énergie de la tournée.

Tu mentionnes David Byrne, c’était comment de bosser avec lui ?

Avec David j’ai surtout appris beaucoup au niveau existentiel, c’est quelqu’un qui est constamment tourné vers l’avenir et qui ne regarde jamais en arrière. C’est vraiment une personne très optimiste et c’est très plaisant de travailler avec lui.

Ta guitare est mise à l’honneur sur cet album , on y retrouve cette fuzz qui t’a fait connaitre. Qu’elle place donnes tu à ta guitare sur « St Vincent » ?

D’une certaine façon, je voulais faire un album avec des émotions humaines qui sonnent comme des machines. Une grande partie de la guitare sur cet album a été retraitée de façon à ce qu’on ne reconnaisse plus que c’est de la guitare. Mais sur d’autres titres j’ai voulu vraiment faire des gros riffs de guitare bien reconnaissables (sur « Huey Newton » par exemple).

Tu laisses malgré tout une bonne place aux synthés.

Oui, Bobby Sparks est vraiment un très bon claviériste, sur l’outro de « Huey Newton » je l’ai laissé me surprendre. Je fais beaucoup de demos de chansons avant d’arriver au studio et il m’arrivait souvent de laisser Bobby improviser.
J’ai une totale confiance dans l’habilité de mon groupe à me surprendre !

Cet album se démarque par un songwriting moins pop que tes précédents albums, tu te considères toujours comme une artiste pop ?

J’utilise le terme pop dans un sens assez large. Pour moi, la pop s’est construite sur plus de 50 ans d’histoire et regroupe des chansons tellement bien écrites, tellement denses, que l’on pourrait vivre à l’intérieur. C’est un peu comme de grands édifices architecturaux. Sur l’album, j’ai vraiment essayé de me dépasser dans mon songwriting. J’ai voulu faire de vraies chansons avec un C majuscule.
Je me suis dit que tant que tu as une bonne chanson , tu peux l’habiller de n’importe qu’elle façon, l’intérieur en demeurera inchangé.

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