Yan Morvan – Schizophrenia

« Pendant la guerre du Vietnam, les Marines accrochaient sur les cadavres de leurs victimes vietcongs les « cartes de la mort », les « aces of spades » (as de pique) censés terrifier les éventuels survivants… C’est un peu l’effet que me font ces instantanés Polaroïd rassemblés dans plusieurs boîtes et collectionnés pendant mes reportages des années 90. Famine au Rwanda, guerre en Irak, actrices porno américaines, ex-dirigeants du KGB posent pêle-mêle dans un enchevêtrement dénué de sens. En plaçant les cartes dans de subtils arrangements, j’obtiens des contrastes saisissants : un enfant africain décharné à côté d’une adepte de l’embaumement sado-maso, une fermière normande nymphomane côtoyant un hippie du Colorado se prenant pour le Christ, etc. Je m’étonnais moi-même en faisant ces images, parfois subjugué par la fragilité et l’horreur de ce monde où nous vivons… Mes « aces of spades ». » — Yan Morvan. Paris, avril 2014.

Tu ajoutes quoi à une telle liste?
Rien.
Tu profites.

Yan Morvan c’est mon photographe préféré.
Pourquoi?
Parce qu’il a été là où il fallait au moment où ça se passait.
Et pas forcément à l’autre bout du monde.
C’est LE mec qui a photographié les gangs parisiens dans les années 70/80.
Les vrais loubards motards, les marginaux des squats de l’est parisiens.
Un des rares à avoir approché Guy Georges.
Mais ses faits d’armes ne se sont pas arrêtés à la petite couronne.
Ce photographe de la fange, des rebus, des rejetés a aussi trainé ses guêtres à Bangkok et ses prostituées.
Il a couvert la chute du Mur de Berlin, le Rwanda, le Kosovo, l’Irlande du Nord.

On dira donc « Bonjour Monsieur » quand on le croise et on va voir son expo, sa collection de polaroïds rapportés de ses expéditions au bout du monde ou aux portes de Paris.

Schizophrenia
de Yan Morvan
Du 3 au 13 juillet 2014
Galerie MGF
13, rue de la forge-royale
75011 Paris