Neu! #14 : Mazes, Wovenhand, G’S Way

MAZES – WOODEN AQUARIUM

Le 8 septembre 2014, le trio mancunien Mazes sortait Wooden Aquarium, son troisième LP, sur le label Fat Cat Records (The Growlers, Traams…). Pour l’occasion, ils ont vu les choses en grand puisque c’est à New York qu’ils sont allés enregistrer, chapeautés par le producteur Jonathan Schenke, déjà connu pour s’être occupé du groupe de rock indé Parquet Courts.
La formule (le classique guitare/chant, basse, batterie) reste la même que les précédents projets de Mazes, mais la prod’, impeccable, nous emmène vers de nouvelles sonorités. Le son est dynamique et on se retrouve bien dans l’ambiance nineties. Guitares saturées, rythmiques entrainantes, samples bien placés : une esthétique toujours pop, avec des accents psyché et rock garage. Mazes s’éloigne donc de son style plus Krautrock des débuts, même si on retrouve des touches expérimentales dans des titres tels que Ripp. Globalement, les 11 titres constituants Wooden Aquarium sont faits de belles variations, de riffs et mélodies efficaces, portés par le chant de Jack Cooper. Le tout donne un style pop-rock frais et entrainant, à l’instar de groupes comme les Feelies, Yeti Lane, avec même un petit côté Buzzcocks. Au détour de certains titres, comme The Third Ridge ou Universal Me, une atmosphère plus douce et mélancolique s’installe. Un LP réussit, qui ne révolutionne certes rien, mais qui prouve qu’avec une formule classique on peut encore produire un album indie rock efficace.

 

WOVENHAND – REFRACTORY OBDURATE

Depuis 2004, tous les deux ans environ, Wovenhand nous gratifie d’un nouvel album : Refractory Obdurate, sortie en 2014, est le 7e de la liste. Signé chez Glitterhouse pour l’Europe (on ne change pas une équipe qui gagne), ce septième opus à la particularité d’être aussi signé chez Deathwish – le label de Jacob Bannon de Converge – pour la distribution américaine.
On retrouve l’esprit folk-rock des précédents projets, mais avec cette fois ci un esprit clairement plus punk, frôlant parfois les limites du métal.
David Eugene Edwards (DEE) nous avait habitué, dans ses précédents projets (16 Horsepower pour ne citer que lui) à cette ambiance ténébreuse post-apocalyptique. Il revient en force pour ce nouvel LP, avec des sonorités plus hard et sombre que jamais, en s’entourant notamment de deux ex membres du groupe post-hardcore Planes Mistaken For Stars à la basse et la guitare.
Crosicana Clip ouvre le bal des ténèbres avec une deuxième partie de morceau carrément psyché.
Une tension permanente, un son grave alternant riffs tranchants et batterie martiale, Refractory Obdurate résonne comme une messe sombre conduite par la voix plaintive du mystique DEE.
Les thèmes religieux et bibliques sont toujours omniprésents, en témoigne le morceau Salomé qui reprend le mythe de cette tentatrice se faisant offrir la tête de Jean-Baptiste sur un plateau.
DEE, fan de la première heure de groupes tels que Joy Division ou Gun Club, nous offre ici une belle démonstration d’illuminés. La tension est palpable jusqu’au bout de l’opus, qui se conclut avec le presque tribal El-bow. Un album aboutit, très dense, qui nécessitera plusieurs écoutes pour entrer dans l’univers angoissant d’un DEE plus ténébreux que jamais.

 

G’S WAY – PATCHWORK

Derrière G’S WAY, un homme : Gérald GG Bonnegrace de son prénom. Compositeur, arrangeur, multiinstrumentiste hors pair, son premier LP – Seventy Seven – avait déjà su conquérir l’audimat il a de ça quelques années. Il revient aujourd’hui avec Patchwork, un album aboutit, coloré, dans la continuité du premier, pour notre plus grand plaisir !
Un des multiples talents de Gérald, c’est aussi de bien savoir s’entourer : sur ce second opus on retrouve non seulement des musiciens d’exceptions comme Thierry Jean-Pierre à la basse, Sonny Troupe (drums), Stefane Goldman (guitare) et Sylvain Fetis (sax et flûte); mais aussi et surtout des invités de renoms, qui donne à ce second opus cet aspect métissé.
A base de jazz funk groovy, Patchwork se révèle vite comme un véritable voyage sonore : hip hop, rap, affrobeat, sonorités latines … le tout révélant un aspect bien trop souvent oublié de nos jours, le plaisir de jouer et partager via musique, tout simplement !
Sur le titre One Nation, le rappeur français Kohndo nous plonge dans les sonorités hip hop des années 90’s, filon bien repris par la MC américaine Melinda Jones sur Took So Long. Autre featuring d’exception sur The Perfect Getaway avec le chanteur Bruce Sherfiels. Bruce et Gérald se retrouvent également au sein du groupe Versus, le premier en tant que MC et le second aux percu’. Un album impeccable, travaillé minutieusement mais accessible : un vrai plaisir auditif pour échauffer votre hiver !