Joey Bada$$ – « B4.DA.$$ »

Ah Joey, Joey, … par où commencer ? Un moment déjà que je bouillonnais d’impatience à l’idée d’écouter cet album … ton premier album.
C’est toujours un moment important le premier album, un tournant comme ils disent, aussi bien pour l’artiste que pour ses fans.
Ah Joey, Joey, … un moment déjà que tu remplis mes oreilles de ton flow si particulier et de tes influences new-yorkaises qui m’ont tant marqués.

Car je dois admettre que tu m’impressionnes Joey. Tu m’impressionnes par ta constance, ta classe et ta parfaite maîtrise d’un univers artistique pourtant pas facile à appréhender tant il est chargé d’histoire.
On va sûrement penser que j’en fais un peu trop, que j’exagère mais le fait est que cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas pris une telle « claque » comme on a coutume de dire.
Et dire que tu n’as à peine que 20 ans !

Bon passons aux choses sérieuses car après tout je suis là pour ça hein, pour parler de B4.DA.$$ (= « Before The Money » pour le rébus), cet album qui a déjà tout d’un classique hip-hop.
Dix-sept titres donc. Dix-sept titres qui donnent la part belle aussi bien aux lyrics, riche et percutant, qu’aux productions savamment travaillées (grâce notamment aux talents des bien nommés DJ Premier, J.Dilla ou Statik Selektah, fidèle parmi les fidèles de notre Joey national), en passant par les featurings qui font apparaître des invités de prestige tels que Kiesza, le jeune Raury (dont on vous parlait déjà il y a quelques temps) ou encore le compère Action Bronson – dont le premier album prévu courant 2015 s’annonce tout aussi prometteur.

Rien n’est donc laissé au hasard et Joey excelle ici dans ce qu’il sait faire de mieux. Certains diront qu’il s’enferme dans ce côté old-school et boom-bap 90’s qui le caractérise depuis le début de sa carrière (et notamment sur sa très bonne mixtape « 1999 ») mais les raisons pour lesquelles cet album prend la dimension d’un classique résident surtout dans le fait que Bada$$ ne s’est pas reposé sur ses lauriers et a su particulièrement élever son niveau de jeu et proposer probablement ses meilleures compositions jusqu’à présent.

Bien plus qu’un simple album, c’est toute une culture hip-hop qui est ici mise en avant par Joey. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant lorsque l’on voit qu’il a récemment été admis comme membre officiel de la Zulu Nation, le mouvement culturel hip-hop créé par Afrika Bambaataa prônant des valeurs universelles de paix, d’amour et d’unité.

Revenons donc à nos moutons Joey. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas pris une telle « claque » comme on a coutume de dire.
Le genre de claque auquel on se prépare secrètement en espérant qu’elle arrive vraiment.
Ah Joey, Joey…c’est le moment de te dire merci. Merci, car j’ai l’impression qu’on a franchi un cap tous les deux. Cet album c’est toi, c’est Capital Steez (*membre du collectif Pro Era auquel appartient Joey et qui s’est suicidé en 2012) c’est Brooklyn, c’est toute une culture réunie et parfaitement illustrée. A mettre entre toutes les oreilles !