Random Recipe : « Kill The Hook »

« Kill The Hook », voilà le titre du second opus de Random Recipe, disponible en digital depuis le 5 janvier dans l’hexagone (près de deux ans après la sortie canadienne). Après l’épique « Fold It ! Mold It ! » le quatuor montréalais fait son grand retour, plus entouré que jamais : Ping Pong pour la promotion française (Bonaparte, Dope D.O.D, Fink, The Heavy, et j’en passe), avec l’étiquette Bonsound en prime (déjà cachetée sur Rich Aucoin, The Experimental Tropic Blues Band ou encore Piers Faccini).

 

 

Le procédé opéré sur cette seconde galette marque une évolution par rapport à « Fold It ! Mold It ! » puisqu’il s’agit ici d’un album studio, alors que le premier avait d’abord été rodé en live.
Au niveau de la composition aussi, on observe un changement, avec la participation de Vincent Legault (guitare et claviers) et Liu-Kong Ha (percu), contrairement au premier projet composé entièrement par la gente féminine du band (Frannie Holder à la voix et guitare, Fab au beat-box et rap).

Personnellement, j’avais découvert Random Recipe avant même la sortie du premier album, avec l’excellant Shipwreck et son EP éponyme. Autant dire que je me suis précipitée sur ma platine dès l’arrivée de « Kill The Hook » !
On y retrouve cet hétéroclisme propre à la formation, flirtant entre hip-hop, électro et pop dansante. L’instrumentation, les arrangements, la construction des morceaux, sont plus étoffés et travaillés sur ce second album, déjà parce que  »album studio oblige », mais aussi et surtout par l’ajout d’instruments comme la basse (qui n’était pas présente auparavant), des nappes et lignes de synthé comme fil conducteur, un steel drum dans les percussions, ou encore un omnichord.

 

Un univers plus complet et complexe donc, avec une vraie cohérence dans l’alliage des genres musicaux, un son redéfinit tout en gardant une singularité énergique.
Mais, si on doit bien saluer l’évolution artistique des quatre Randomiens, je regrette tout de même le côté plus spontané du premier opus, cette nudité du freestyle. Peut-être est-ce du à l’accent plus pop de « Kill The Hook ». On y retrouve malgré tout de belles tracks comme Hamburg, Big Girl ou encore Beautiful Connection, avec ce flow ciselé si caractéristique, cette douce violence perturbatrice.

 

Dans l’ensemble « Kill The Hook » ressort comme étant un album coloré donc, hétérogène, et toujours aussi addictif. Mais c’est aussi et surtout en live qu’il faut découvrir Random Recipe, tant l’énergie de leurs prestations scéniques donnent à leur univers musical toute sa dimension. D’ailleurs, le groupe sera le 30 janvier au Petit Bain après deux ans d’absence en Europe, claque musicale et sueur en bonne et due forme assurée !