Interview : Cabuco + Sortie d’Ep!

De temps en temps chez Trendhustler on a des exclus.
Et on aime vous en faire profiter.
Surtout quand il y a des copains dedans.
Aujourd’hui on a pour vous Cabuco.

Cabuco? Quezako?
Le renouveau du sudoku?
Un art ancestral japonais?
Ça pourrait aussi bien être une obscure marque italienne de synthés en faillite en 1982.

Mais bon on est en 2015.
Le sudoku, c’est so 2008 (et dire « so … », c’est so 2012)
Le Kabuki, ça ne s’écrit pas pareil.
Et les synthés de 82, ben c’était bien … en 82

Cabuco, c’est un groupe.
Oui encore un groupe.
Mais un groupe avec des morceaux de Trendhustler dedans.
En l’occurrence un morceau.
Doug.
Tu as pu lire quelques articles qu’il a fait pour nous.

Et aujourd’hui il lance son projet musical avec ses trois compères David, Antoine et Adrien.
Cabuco sort aujourd’hui son premier Ep.

Faisons donc connaissance.

1/ Petite intro habituelle est ce que vous pouvez vous présenter ?
David : Je joue de la guitare et pousse la chansonette.
Antoine : Moi, c’est Antoine aka Michel le Touareg. Je joue de la grosse guitare, mais si tu sais celle qui n’a que 4 files là… la basse! Voilà.
Adrien : Et moi, c’est Bobaraba, aka Jacques BenDorcel, tanneur le dimanche, et batteur les mardis. Je chante les voix graves. Et je chante les voix aiguës (les jours impairs).
Doug : Moi c’est Doug, aka Wolf mwayne. J’appuis sur des petits boutons qui font du son puis des claviers aussi. Je chante sous la douche et parfois sur scène.

 

2/ D’abord ça sort d’où Cabuco ?
David : C’était un malabar bi-goût : mi Caboco, mi Kabuki.
Antoine : Tu vois le train fantôme Thriller de la foire du Trône? Bah y’a Serge qui y bosse, Cabuco ça vient de son slip.
Adrien : Cabukiller.
Doug : C’est une espèce de marsupial en voie de disparition que l’on ne trouve que dans la Brie.

3/ On vous a découvert y’a un an avec le morceau pop Mandala. Mandala en sanskrit signifiant cercle, et par extension, sphère, environnement, communauté. En fait, vous êtes des putains de hippies ?
David : Et oui mon petit bouchon, d’ailleurs je pense qu’il est l’heure de changer nos couches lavables.
Antoine : ♫ « On est des Hippies — Hippies — des putains des hippies — Hippies — Solo de flute — Ouais je planeuh, solo! — solo de tam tam — Ah ouais héhéhé » ♫ (si ça parle plus).
Faites l’humour, pas l’ether.
Adrien : À vrai dire, j’essaie de me faire pousser les cheveux (les fleurs c’est pas mon truc).
Doug : Moi les fleurs j’aime bien, c’est pour ça que je laisse l’aspect capillaire à Adrien.

4/ Vous définissez Cabuco comme un laboratoire d’expériences. Vos morceaux ont l’air d’être construits sur de solides bases pop, avec basse et guitare très propres, presque classiques, puis de glisser vers des nappes au synthé. C’est un point de passage obligatoire pour démarrer l’expérimentation? Il faut habituer l’oreille de l’auditeur, le séduire avec quelque chose de connu pour l’emmener plus loin?
David : Le côté « laboratoire d’expériences » c’est davantage pour ce qui gravite autour de notre musique. On passe beaucoup de temps à trouver des correspondances entre nos chansons et nos idées visuelles. Pour donner des indices sur nos sentiments.
Antoine : Je pense qu’on essaye simplement de faire un maximum de choses par nous-même, de s’amuser et de d’abord faire quelque chose qui nous fait bander nous.
Adrien : Je pense surtout qu’on peut parler de « laboratoire » parce qu’on cherche avant tout à faire de la fumée verte avec du jus bleu. On passe des heures à trouver les parties qui nous font le plus vibrer (comme des cordes en boyaux de chèvre). Ça marche dans l’autre sens en fait : on s’amuse, on mélange, (quitte à faire de la country-musette parfois) mais au bout d’un moment, il faut que ce soit comestible pour tous les quatre, et c’est comme ça que la pop jaillit.
Doug : C’est un peu comme le kit chimie que tu reçois à Noël quand t’as 8 ans.

5/ Quelques mois après Mandala sortait le titre MELT que vous avez ensuite décliné en version acoustique, d’où est venue cette envie d’acoustique ?
David : Des étudiants en cinéma nous ont contacté pour enregistrer un titre en acoustique. On aimait bien l’exercice. Puis, on a voulu garder un souvenir spécial de ce moment là. On a donc demandé à des amis de filmer la séance d’enregistrement.
Antoine : On a surtout profité d’une occasion qu’on nous donnait pour faire quelque chose que l’on n’avait jamais fait auparavant. L’exercice était assez fun, en particulier parce qu’on s’est donné comme challenge de réaliser la captation de ce titre. Et si tu regardes cette vidéo tu verras qu’on s’est pas bridé, surtout au niveau de l’étalonnage.
Adrien : Oui, l’étalo, c’est pas mon trique.
Doug : C’était une bonne occasion de donner un autre sens à une chanson qui est dans notre set depuis longtemps.

6/ “Cabuco est un entité singulière, utilisant les outils de la musique et du cinéma”. Pour la musique on comprend, mais pour le cinéma? Vous êtes un genre de collectif pluridisciplinaire? On peut imaginer que vous serez derrière la caméra pour vos clips?
David : Oui, on a réalisé tous les visuels et photos du groupe. Mais pour la pochette on a fait appel à Romain Arnette. On aimait beaucoup son travail et on voulait qu’il illustre ce qu’il pouvait entendre sur nos 3 titres. On va également réaliser 3 vidéos pour les 3 titres. Un clip, une carte postale animée et… mystère !
Antoine: …et boule de gamme.
Adrien : On peut parler de cinéma surtout (et aussi) parce qu’on aime raconter des histoires, par les mélodies, par les imbrications d’univers différents, par les paroles, comme au cinéma.
Doug : On aime se raconter des histoires qui font peur au coin du feu aussi.

7/ Vous avez travaillé sur un Ep de trois titres produits par Adrien Pallot qui a également bossé sur La Femme ou Moodoid, comment s’est passé cette collaboration ? A quoi doit on s’attendre ?
David : C’est un ami et on avait déjà travaillé ensemble sur d’autres projets. Il nous a proposé son aide pour finir et produire ces 3 titres. Il nous a également encouragé à chanter en français. Une sorte de Pierluigi Collina du rock français.
Antoine : C’était vraiment agréable. Quand on a commencé à écrire ces morceaux c’était il y a un bout de temps et revenir dessus, les repenser et les mettre à plat nous a permis de vraiment cerner ce que l’on voulait faire. Avec autant de moyens entre nos mains et les précieux conseils qu’on a pu nous donner, on a réussi à préciser notre univers en mêlant aussi bien des sons de synthèse que des sonorités quasi organiques des instruments. Ça a été un chouette moment, encore trop court à mon goût, on voudrait passer toute sa vie dans un studio.
Adrien : C’est surtout qu’il a un nom en or. Avec Adrien on partage tout, notre prénom, nos…. Mais c’est surtout un des mecs les plus généreux que je connaisse (et généreux dans tous les sens du termes).
Doug : C’était vraiment intéressant de travailler avec lui, il sait te mettre dans les meilleures conditions pour faire ta meilleure performance. Puis il est incollable sur South Park et ça c’est du talent.

8/ Vos deux premiers morceaux (Mandala et Melt) sont des morceaux composés en Anglais. Pour le titre MELT vous avez travaillé sur une version française, pourquoi ce choix de chanter en français ?
Adrien : Pour faire plisser les yeux à l’auditoire.
Antoine : Quand on a commencé à jouer ensemble, on a instinctivement chanté en anglais, en se concentrant sur les images dans les textes et les sonorités plus anglaises. Mais après quelques essais en français, on s’est rendu compte que c’était faux, qu’on avait juste la trouille de chanter dans notre langue maternelle. On était frileux je pense. Personnellement, je trouve ça important de pouvoir observer l’évolution d’un groupe dans ses choix artistiques, et c’est également important de montrer que les choses ne sont pas figées et que tout peut encore évoluer. Tu découvriras sur l’Ep qu’il y a même des chansons qui utilisent aussi bien l’anglais que le français. C’est quelque chose qu’on a fait instinctivement parce que c’est autant d’outils qui sont mis à notre disposition, qu’à celui qui écoute. Naviguer d’une langue à l’autre c’est quelque chose d’assez beau. Moi, à termes j’aimerai qu’on mélange encore plus les choses, quitte à apprendre de nouvelles langues et faire des séjours linguistiques si tu vois ce que je veux dire ! Mais c’est vrai que d’un coup le français ça nous a paru beau.
Doug : Comme le dit Antoine, c’est vrai que c’est plus facile de faire sonner un titre en anglais, ça vient surement du fait que l’on fait plus attention à ce que l’on raconte. C’est aussi plus facile pour nous de parler de choses qui nous sont chères (l’amour tout ça quoi) dans notre langue maternelle.
David : On s’est rendu compte qu’on passait beaucoup de temps à peaufiner les parties instrumentales de nos titres. Du coup, on a voulu dépenser la même énergie sur les paroles pour les mettre au même niveau émotionnel.
9/ Vous dites de votre musique qu’il en résonne un kaléidoscope d’influences, justement quelles sont elles ?
David : Des souvenirs audiovisuelles de l’enfance, l’adolescence… Pour ma part, ça peut autant être des thèmes de Nino Rota ou des dessins de Sylvain Chomet que des pas de danse de Bez !
Antoine : Comme le dit David, il y a aussi bien des influences cinématographiques que musicales. On a tous beaucoup écouté les Talking Heads, ça c’est sur. Comme on a grandi dans les années 90, il y a aussi beaucoup de groupes des années 80-90 qu’on a écouté et qui implicitement nous influencent même si ça ne ressort pas forcement dans notre musique : Radiohead, les Stone Roses, les Flaming Lips mais aussi le jazz et le punk et puis Slipknot et les Red Hot…
Adrien : On est d’accord pour Jackie Sardou. Après c’est certain : le groove est à l’honneur (pour moi en tout cas).
Doug : Arthur Verocai, Beck, Happy Mondays, Talking Heads, Herbie Hancock, A Tribe Called Quest et j’en passe ! Ah et les Minikeums aussi !

10/ Et pour Cabuco la prochaine étape c’est quoi ?
David : La sortie de notre 1er EP, accompagnée des 3 vidéos. On fera un concert à Paris pour l’occasion en mars/avril. On a envie de jouer partout. La province nous donne des ailes.
Antoine : C’est le moment où on t’embrasse sur la bouche non?
Doug : Partager notre musique et notre univers et vous faire pleins de bisous.

 

Un grand merci à David, Antoine, Adrien et Doug.

Interview réalisée par Isidore et Chromakey

 

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