Fantasma : All you need is Free Love

All you need is « Free Love » ! Tel devrait être notre leitmotiv ces derniers temps et tout particulièrement depuis la sortie, le 16 mars dernier, du premier album du collectif sud-africain Fantasma.
Fantasma, c’est avant tout cinq musiciens – DJ Spoko, Bhekisenzo Cele, Andre Geldenhuys, Michael Buchanan et Spoek Mathambo, chanteur, rappeur et leader du groupe. Véritable pionnier de la nouvelle scène électronique sud-africaine depuis déjà quelques années et qualifié par The Guardian comme le « Kanye South », Spoek nous propose avec Fantasma un véritable patchwork d’influences au confins de ses racines tout en étant d’une extrême modernité.

Le groupe avait déjà annoncé la couleur avec leur premier EP – Eye of The Sun sorti en novembre dernier qui surprenait déjà par sa justesse et ses associations musicales riches et puissantes.

CLIP – EYE OF THE SUN :

Avec Free Love, Fantasma continue donc sur sa lancée et nous rassasie de nouveau en nous proposant cette fois un voyage de 13 titres, un aller simple entre tradition et innovation.

 

 

Très bien construit, l’album se présente comme une véritable escapade ensoleillée à la découverte des paysages et de la richesse de l’Afrique du Sud et sa musique – avec la muskandi (ou zulu music) comme fil conducteur.

La première partie de l’album (de Basbizile à Sefty Belt) sonne comme ces débuts de voyage où soleil et excitation sont au rendez-vous et où le groupe nous amène alors à la rencontre de ses origines, de ses sonorités traditionnelles et si caractéristiques.
Mention spéciale notamment pour le titre Shangrila qui représente très bien tout cela.

 

 

La suite du voyage nous permet d’évoluer vers des sonorités beaucoup plus électro notamment sur le titre Sophiatown, titre court (2m40) qui pourrait sonner comme une simple interlude mais qui correspond en réalité à ce moment clé du voyage où la destination semble se rapprocher de plus en plus.
Purement instrumental, ce titre correspond avec Breaker, aux deux ovnis/pépites insoupçonnés de l’album.

Arrive alors le titre My Wave et avec lui ce coucher de soleil, le moment où tout s’apaise et où l’on va rentrer dans cette phase d’apaisement.
C’est aussi à ce moment là que se révèleront enfin les influences rap de Spoek Mathambo et le côté jazzy de Fantasma (sur Fire and Smoke notamment).
L’album se terminera sur Devil’s Gospel, un titre aux sonorités beaucoup plus rock.

Un voyage de 13 titres donc, treize titres qui s’emboîtent les uns avec les autres comme une sorte de poupée russe qui nous ferait découvrir ses différentes sonorités, ses différentes couleurs, le tout avec une harmonie et une dextérité qui s’impose, comme une évidence.

Véritable fusion musicale que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, Free Love fait tout simplement du bien car il construit un pont entre les différentes musiques et correspond à ce qu’on peut résolument appelé un album moderne.
Avec Fantasma, la musique du monde n’a jamais aussi bien porté son nom.

Fantasma sera au Bataclan vendredi 20 mars 2015 dans le cadre des Nuits Zébrées de Radio Nova