Odezenne à l’Olympia

« BITCH MOTHERFUCKER »
Quand tu commences un concert par ces 2 mots tu te dis que ça peut faire mal.
Qu’à la fin il y en a deux ou trois qui vont saigner du nez.
Prémonitoire!

Photo Laurence Bazin

Bon autant commencer par là et être franc : j’ai vieilli.
Finis pour moi les arrivées à 18h30 devant les salles, les billets à 20 balles en fosse, le demi au comptoir en arrivant.
Maintenant, je m’en branle des premières parties inaudibles et de la foule serrée.
Je me prends des places au balcon, numérotées s’il vous plait, placé par la gentille ouvreuse, et je bois un Perrier avant de venir.
Donc on débarque sur le tard avec la Patronne.
20h45 devant le 28 boulevard des Capucines.
On récupère les copains et en piste.

L’avantage d’être au balcon c’est de pouvoir jauger l’ambiance plus facilement que dans la fosse, collé aux deux grands chevelus suants qui, non content de te niquer la vue, t’agressent le nez.
Donc bien installés dans nos fauteuils on profite des cris de la fosse éclectique.
Tous les âges, tous les styles, mecs, nanas…
Ça braille, ça hurle, c’est chaud.

Arrive enfin Mattia qui prend le commandes de ses machines.
C’est au tour de Jaco et Alix d’entrer en scène.

Son puissant, éclairage minimaliste (hyper bien gérés).
Dès les premiers mots (souviens toi, « Bitch Motherfucker ») le public explose.

 
Une énorme vague se met en mouvement 3 mètres sous nos pieds.
Une vague qui va onduler pendant 2 heures sans s’arrêter.
Calmement les bras en l’air.
Violemment les pieds en avant.
La fosse est déchainée.
En mode pogo et slam.
Connait tous les textes, même ceux des titres pas encore sortis.

Sur scène?
Ils sont 4.
On les croirait plus nombreux, tellement ils sont habités. Possédés.
Ils sautent, ils dansent.
Jaco arrivé bien trop couvert, commence à se dessaper.
En premier tombe le bonnet.
Puis le sweat à capuche.
Balancé au bout de 5 ou 6 titres. Il est trempé.
Le sol noir luit de sueur.

Le son ne fait que monter.
Le rythme s’accélère.
Entre les éclairages blancs, Odezenne s’agite.
Sur « Je veux te baiser » le public explose à nouveau.

Je ne pense pas avoir jamais vu ça.
Une gamine de 12 ans hurlant « JE VEUX TE BAISER » en choeur avec …
sa mère.
Sous le regard bienveillant du papa.
Pendant ce temps, une capote gonflée passe de main en main dans le public, jusqu’à l’agent de sécu du bord de scène.
Improbable.

Le point d’orgue de la soirée?
Jaco seul face à la foule assénant « Nique ta mère » une bonne vingtaine de fois.
Le public l’encourage, répète.
Les murs de l’Olympia résonnent…
« NIQUE TA MÈRE »
La base.

Pour nous achever Mattia déchainera ses machines et sa guitare.
« Il parait que le sol est monté sur ressorts, alors on va tous sauter »
Provocation pour ce public qui se donne depuis le début.
La salle se transforme en un énorme dancefloor électro.
Des centaines de corps testent la résistance du sol. Testent les autres corps.
Se bousculent. Se percutent.
Ça pogote sévère.
Les groupes de minettes sont écrasés, dispersés.
Regards perdus.

La soirée se fermera sur un « Meilleur public du monde » en guise de merci.

Dehors, après, devant les néons rouges la sensation d’avoir connu une ambiance explosive comme en 55 et les fauteuils cassés.

Odezenne. Meilleure ambiance du monde.