Groove Catchers : « 53 »

On s’attaque au jazz dans TH ! Non non non, attention, ne fuyez pas devant ces quatre si simples lettres au caractère devenu parfois si poussiéreux ! Ici on parle de jazz qui groove, du jazz qui pop, qu’hip-hop même, au jazz qui déjoue, et joue des genres, au jazz qui ne porte de jazz plus que le nom et qui est devenu métissage : métisJazz .
Le jazz comme un langage transgenre, et les jazzmans comme interprètes !

 

 

Aujourd’hui, premier album des Groove Catchers : « 53 » , sorti chez « Such Production » et distribué par « Harmonia Mundi »

Les Groove Catchers, c’est outre un talentueux trio d’artistes, avant tout une aventure humaine, terreau naturel de toute bonne aventure musicale :)
L’histoire de trois copains, passés par la même école (Jazz à Tours), décidant de transformer leur atelier de jeunes apprentis en véritable projet, fruit naturel de leurs talents et de leurs connivences musicales. Décidant même de vivre ensemble à leur arrivée à Paris au (titre : 53 ) d’une rue de Noisy le Sec, faisant mûrir ensemble leur son et leur jeu.

53 donc, c’est un condensé de groove, doux lorsqu’il est furieux, et furieusement doux par moment (cf: BALLAD), porté par leur indéniable volonté de bousculer en s’amusant, les codes d’une musique à qui ils donnent un véritable vent de renouveau et de spontanéité !
Restés simples, leur naturel chasse au galop les préconçus de leur formation jazz, et ils s’amusent à revisiter leurs influences groove et rock (cf / SOUL MAKOSA et leur fantastique version de CROSSDOWN TRAFFIC )

Doté d’un batteur/bâtisseur à l’écoute et à la précision de frappe comme on aimerait en entendre plus souvent (titre : VERSUS).
Additionné d’un bassiste aux lignes de groove des plus aiguisées qu’il m’ait été donné d’entendre (titre : FOCUS)
Magnifié par un saxophoniste mariant avec un brio naturel frôlant l’insolence, les nuances de son instrument (titre : PARACETAMOL)
Mettez moi là-dessus un +1 de beat-box/clarinette basse et le tout devient SEMTEX(plosif)

Certes, quelques erreurs de jeunesse subsistent ça et là : les textures sonores mériteraient à mon goût d’être plus travaillées, plus modernes. La question se pose aussi à mon sens de l’utilisation de certaines esthétiques (titre : FROM EST TO WEST) ou la pertinence de la manière de présenter Julien Stella (titre : INTRODUCING), qui méritait plus de soin, rapport à l’intérêt justement de cette belle collaboration (titre : METHOD 44)

Mais il y a de l’idée, du talent, de la simplicité, et toujours cette envie qu’ils nous donnent de dodeliner énergiquement de la tête sous nos casques de cosmonautes!

Alors , si tu te décides à te procurer leur album, sache qu’en plus tu pourras venir les écouter lors de leur release party à l’alimentation générale le 15 avril ! (et si ça n’a pas été le cas, je te parie que tu en seras dès lors convaincu).

Püpper