Interview : Sequana

Rencontre avec Sequana, grand vainqueur du prix du Jury au festival Sorbonne Live – dont on vous parlait ici.

 

Petite présentation pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

On est 5 potes, on vient des hauts de seine. On a en moyenne 22 ans et Sequana s’est formé en 2012. On était motivé et c’est à ce moment là qu’on a décidé d’être sérieux dans notre musique, on s’est donné des objectifs à court et moyen terme et on s’est lancé.

 

En 2014, vous sortez votre premier album en autoproduction : « Rebirth ». Comment s’est passé le processus de construction de ce premier projet ? Totale autoproduction ou vous avez été plus accompagné sur certains points ?

En gros, on s’est formé autour de Rebirth. Ca a été le premier projet du groupe, c’est ce qui nous a fédéré dès le début, et c’est aussi pour ça qu’on a passé beaucoup de temps dessus. On voulait créer un concept album de 13 titres qui raconte un voyage initiatique. On a imagé le rapport au passage à l’age adulte à travers le cycle des saisons. L’histoire se déroule donc sur un an.

Sinon, oui effectivement, c’est un album totalement auto produit. On l’a écrit, composé, on a payé l’enregistrement dans un petit studio à Argenteuil. Le mix a été fait par un ami qui était en école de son. Le mastering par un autre ami ingénieur du son… bref, du système D de bout en bout. Encore une fois, tous les éléments graphiques ont été façonnés par des proches. On aime cette approche, travailler avec des gens qui nous connaissent et qui voient la direction qu’on essaie de suivre.

Pour l’anecdote : Un jour y a un mec qui a écouté notre album et qui nous a dit « C’est bien, vous avez un truc fini, maintenant faites le vivre, le job est pas fini », du coup on s’est remis au boulot. On a commencé à chercher des lives et a faire tourner le projet comme on pouvait, réarranger, se remettre en question etc..

Globalement cet album nous a permis de nous connaître bien mieux musicalement et d’engranger beaucoup d’expérience à travers toutes les étapes que comprennent la création d’un album. (aspects techniques, réseau, arrangements live, com, etc…). C’était le but, donc pour l’instant c’est bien.

 

Depuis Rebirth que s’est-il passé ? Je crois savoir que vous êtes en ce moment en période de studio pour la préparation d ‘un prochain EP … Sur quoi on attend Sequana pour la suite ?

Pour Rebirth on a fait pas mal de choses, on a décidé de clore le projet avec un dernier chapitre, un live qu’on a tourné à l’Avant Scène à Rueil. Encore un truc qu’on a fait nous même, avec l’aide de la LPE, du Réseau 92 et de potes. C’est le « Live for no one » qui sort en ce moment sur notre page, titre par titre.

Après on prépare effectivement un EP et la LPE nous soutient complètement sur ce projet.

On aurait presque voulu se remettre directement à la composition après Rebirth, mais du coup on a pris notre temps, on a laissé mûrir nos idées et c’est pas plus mal. Les lives qu’on a fait avec Rebirth nous ont appris beaucoup sur notre musique et sur ce qu’on voulait vraiment faire. On voudrait que cet EP soit plus proche de ce qu’on a dans la tête, et qu’il ait aussi un concept, parce qu’on aime bien ça, ça cadre notre travail et ça nous donne de l’inspiration. On en dira pas plus (rires)

 

 

Musicalement, je trouve que vous vous inscrivez assez dans la mouvance seventies et vous me faites beaucoup penser à Jeff Buckley (ah ça, je dois pas être la première à vous le dire!). C’est des courants dans lesquels vous vous retrouvez ?

Le seul courant dans lequel nous somme est celui de la Grace River.

Plus sérieusement, on aime beaucoup Jeff Buckley, et ça s’entend dans Rebirth. On a pleins d’influences différentes et on s’en inspire. C’est important parce que c’est comme ça que la musique évolue. Mais on se donne pas de limite, et on essaie de créer notre patte, à la longue on aimerait que quand les gens nous écoutent ils plongent dans un univers à nous.

 

Niveau composition, pas toujours évident à 5 : il y en a un qui s’y colle, ou chacun met sa patte ?

On compose à 3 pour le moment, parce qu’on est habitués à travailler ensemble vu qu’on se connait depuis toujours. Petit à petit Mehdi et Theo (bassiste et batteur), qui sont arrivé plus tard, contribuent de plus en plus. C’est ce qu’on a fait pour Rebirth, et on fait pareil sur l’EP parce que ça marche bien. On se donne un cadre, un concept, et chacun a une partie de l’histoire à raconter, un genre de canevas à créer. Après, chacun des morceaux évolue parce qu’on est tout le temps ensemble et qu’on a tous notre mot à dire au même titre sur chaque morceau. C’est à chaque fois le fruit d’un travail collectif. Le truc c’est qu’on veut pas se limiter à nos instruments, on aime tous avoir une vision globale et réfléchir a chacun des éléments.

 

Scéniquement, on vous sent super investi, très présents et en lien avec le public, et ça apporte vraiment une nouvelle facette par rapport à la version studio. Quels sont vos ressenti en live ? Qu’avez vous envie de transmettre ?

Le live c’est le vrai moment de partage entre le musicien et le mec qui écoute la musique. Du coup c’est hyper important. Pour les lives, on a réadapté nos morceaux, et on les a fait évoluer au fur et a mesure, en fonction de ce qu’on ressentait sur scène quand on les jouait. On aime bien quand le public réagit à ce qu’on fait, qu’il se passe un truc.

 

On a aussi l’impression que vous laissez une certaine place à l’improvisation sur scène ? Je me trompe ? Si non, quelle est sa part et comment vous arrivez à l’articuler ?

On essaie parce qu’on aime ça ! On se dit que c’est cool que chaque live soit un spectacle différent, surtout qu’on a des potes qui viennent nous voir vraiment souvent … Pour le moment on improvise un peu sur les solos, avec le temps ça prendra une dimension plus importante et ça arrivera plus régulièrement.

 

Lors du festival Sorbonne Live, vous avez remporté le prix du Jury. Alors déjà, comment vous êtes vous retrouvé à ce tremplin ? Et qu’est ce que ça va vous apporter pour la suite ?

C’est grâce à Théo, c’est l’homme de l’ombre et il est accessoirement à la Sorbonne !

C’était probablement notre meilleur public, et ça c’est déjà quelque chose ! On a fait pas mal de rencontres, on a eu beaucoup de feedbacks, et c’est super important pour nous. Si on ajoute à ça la session studio offerte, être reconnu par des pros, les propositions de collaborations et le plaisir de jouer dans de si bonnes conditions, ça n’a pas encore fini de nous apporter !

 

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