[Live-report] Primavera Sound Festival

On vous avait prévenu cette année qu’on voyait les choses en grand chez Trendhustler !
Pour l’occasion, on a mis les petits plats dans les grands et on est parti ouvrir la saison des festivals à Barcelone pour le Primavera Sound Festival !

Alors certes entre quelques tapas, beaucoup de cervezas et une victoire du Barça à la Copa Del Rey, on était forcément très occupé, mais on n’en a pour autant pas oublié d’écouter de la bonne musique pendant ces trois jours.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que le festival a tenu ses promesses et nous a offert un spectacle digne de ce nom. On vous raconte tout.

Jour 1 – Jeudi 28 mai

Fraichement débarqués, on arrive tôt pour notre première journée, histoire de prendre nos marques avec le Parc Del Forùm, le site du festival situé non loin du port de Barcelone, et qui nous offre une vue parfaite sur la Méditerranée. Belle soirée en perspective.

Après un petit détour par le « village label » et autres stands en tout genre, nous voici donc arrivés sur la scène H&M Pro (oui pour les noms de scènes on repassera) pour découvrir The Angelcy, ce groupe indie-folk israélien qui commence à faire ses marques.
Leur premier album « Exit Inside » vient tout juste de sortir dans nos contrées mais a déjà rencontré un fort succès en Israël (alors qu’entièrement en anglais) grâce notamment au titre My Baby Boy, un titre doux et ouvertement pacifique.

Et le résultat en live alors ? On passe un très bon moment avec toute cette joyeuse clique de musiciens qui accorde une place toute particulière aux instruments (pas moins de 10 instruments sur scène – contrebasse, violon, guitares, drums et divers instruments de percussions, clarinette) et qui nous transporte dans son monde en nous livrant un message de paix et de bonnes ondes.
Sans tomber dans le cliché folk des groupes indie qui se multiplient de plus en plus ces derniers temps, The Angelcy nous apaise. Une bien belle façon de débuter le festival !

Après une petite pause casse-croûte, direction la scène Adidas pour découvrir la belle Kelela.


Ce sera la vraie révélation de ce premier jour à Primavera. Entre élégance et minimalisme, Kelela incarne cette nouvelle génération « twisted R’n’b » un peu à l’image d’une FKA Twigs (même si on est clairement #teamKelela hein), avec une grâce, un sens aiguisé des productions et une pointe d’insolence maitrisée qui nous a totalement captivé et hypnotisé pendant les 45 minutes de son show.

On avance rapidement jusqu’à la scène Pitchfork pour être sûr de ne pas rater une de nos plus grosses attentes de ce festival, notre cher et tendre Tyler The Creator.
Inutile de présenter ce sale gosse du hip-hop US qui nous a pris de court avec la sortie surprise de son dernier album Cherry Bomb en avril dernier.

Fidèle à lui-même, Tyler nous a tout autant pris de court pendant sa prestation alternant ses anciens succès (Tamale, Domo23) et les derniers titres extraits de Cherry Bomb dont l’excellent Fucking Young / Perfect repris en cœur par un public en folie et totalement acquis à la cause du leader du (feu ? ) collectif Odd Future. Tyler, créateur d’ambiance.
Une heure de concert plus tard, on ressort en sueur, la tête un peu ailleurs, timing parfait pour se rendre à l’opposé du Forùm, sur les scènes Primavera et Heineken pour les Blacks Keys et James Blake.

Malheureusement on n’arrivera que pour le final des Black Keys sur leur tube « Lonely Boy » mais c’est suffisant pour mesurer l’ambiance qu’il a du y avoir.

On attend donc patiemment l’arrivée de James Blake qui va venir clore notre première journée barcelonaise.
Pas de surprise, on est littéralement sous le charme de James qui jongle entre ses multiples synthés, sa voix hors du commun et son élégance naturelle pour nous livrer un son toujours aussi pur et maitrisé. Climax atteint sur l’excellent Retrograde évidemment.

 

 

On repart donc comme on est arrivé. Apaisés, transportés et requinqués pour remettre ça le lendemain.

Bonus : on a découvert que 5 fruits et légumes par jour, ça marchait aussi en musique.

Jour 2 – Vendredi 29 mai


Le temps de nous remettre en selle et de faire nos touristes la journée (ce qui visiblement n’a pas l’air de plaire à tout le monde), nous voilà de retour et fin prêt pour attaquer cette deuxième soirée.

On commence par Tony Allen, le king de l’afrobeat qu’on ne présente plus. Très proche du légendaire Fela Kuti, Tony Allen n’a jamais cessé de répandre les ondes de l’afrobeat partout dans le monde et a collaboré avec de nombreux artistes (notamment Damon Albarn) faisant évoluer sa musique vers des sonorités parfois plus électroniques.
Tony l’annonce d’entrée de jeu : « l’afrobeat c’est ici et nul part ailleurs que vous l’entendrez ». Et on ne peut que lui donner raison !
Le concert avait beau avoir lieu dans un auditorium sombre, Tony et son orchestre ont redonné de la couleur et du rythme, la salle entière ayant été débout les trois quarts du temps. Standing ovation méritée!

 

https://soundcloud.com/comet/sets/tony-allen-film-of-life

 

Comme la veille, petite pause casse-croûte (tacos et nachos pour être précis) puis on enchaîne avec Belle & Sebastian. Probablement pas le meilleur souvenir du festival mais joli moment, le groupe « fait le job » comme on dit, très communicatif avec le public.

On se prépare ensuite à assister au show de nos deux compères de Run The Jewels. Le tandem formé par El-P et Killer Mike fonctionne à merveille depuis deux albums déjà et on a hâte de pouvoir enfin les voir sur scène !
Killer Mike ne semble absolument pas dérangé par son épaule cassée et assure le show autant que son camarade, enchaînant les morceaux leurs deux albums « Run The Jewels » et « Run The Jewels 2 ».
Le show est ponctué par des « RTJ » scandé par le public et par l’arrivée sur scène de la femme de Killer Mike qui fêtait son anniversaire ce soir-là.
Sur l’excellent « Lie, Cheat, Steal », El-P et Killer Mike ne peuvent s’empêcher d’introduire le morceau par un petit discours piquant comme eux seuls savent très bien le faire et terminent l’heure de concert sur « A Christmas Fucking Miracle » en se mêlant à la foule. Un sans faute.

Après deux soirs bien remplis, c’est vrai qu’on commence un peu à accuser le coup, on ne s’est donc pas trop éternisé même si on serait bien resté pour Ratatat (qui passait à 3h du mat’ tout de même), Movement ou Jon Hopkins.
Après un petit coucou aux mignons Alt-J, les rideaux tombent et on rentre à la maison.

Jour 3 – Samedi 30 mai

Epilogue de nos folles aventures barcelonaises. Alors que se jouait la finale de la Copa Del Rey au mythique stade Camp Nou entre le Barça et l’Atletic Bilbao, un tout autre match se jouait à Primavera avec notamment les Strokes en tête d’affiche.
Pas de surprises, le match s’est joué à guichet fermé et le spectacle a été assuré malgré un Julian Casablancas pas très communicatif, enchainant les morceaux sans saveur particulière.

La vraie surprise de ce dernier soir nous vient de Dan Deacon et son live complètement fou. Faisant activement participer le public (sa marque de fabrique), Dan nous livre une prestation de tous les possibles. Entre véritable spectacle sonore et visuel, Dan disperse les différents morceaux de son dernier album Gliss Riffer en donnant à chacun une identité propre. Et la recette fonctionne. Il suffit de voir le nombre de personne passer au hasard devant la scène pour ensuite s’arrêter pour finalement rester captiver tout au long du concert.

Mais déjà la fin approche. La fatigue nous gagne mais impossible de quitter le festival de cette façon. On passe donc se prendre un dernier shot disco avec John Talabot sur la scène Red Bull et on rentre avec les oreilles bien remplies.

Le lendemain ce sera détox et playa avant de plier bagages.
Merci Primavera, on reviendra !

Les + : le site, l’organisation, la bonne humeur ambiante
Les – : trop de choix tue le choix, du coup on a raté Jungle, Patti Smith et Mac Demarco

 

© Photos et vidéos : Esther Cohen.