Azur nous sort des nuages en un EP

S’il y a bien un truc que je déteste, c’est de sortir d’une sieste. Une espèce de torpeur pourrie et la bouche pâteuse. Pas moyen de savoir quand on a sombré ni combien de temps on a dormi. Toujours est-il que j’ai la tête dans la brume et que je n’arrive pas à me remettre en route assez vite. Bref, retour à l’activité avec des batteries un peu plus chargées qu’avant.

azur

Il fait toujours un sale temps alors qu’on change de saison aujourd’hui. Romejko et ses potes doivent être un peu largués : premier jour de l’été et un temps digne d’un cliché breton. Histoire de s’échapper de ce combo temps pourri-gueule en farine, on se plonge dans les mélodies tropicales de Azur qui vient de sortir son premier EP chez Bon Temps Records. Le label aime explorer les recoins du net et les salles de concert pour dénicher quelques pépites, on avait déjà pu en parler à l’époque de la sortie du premier EP de Frau Silberfischer en février 2016. Ce coup-ci Verlatour – grand manitou du label – est allé déniché un artiste dans la capitale nordiste de Brooklille où il avait vu opérer Azur lors d’un festival.

Quelques temps après, voilà que Antoine Pouilly, de son vrai nom, fait son apparition sur les catalogues des sorties du label avec un premier opus sobrement nommé Azur et tourné vers le côté lumineux du calendrier. S’il fallait présenter Azur, on aurait pu dire qu’il est un de ces touches à tout de la musique. Tantôt caché derrière les fûts d’une batterie ou derrière des synthés et autres machines pour exprimer sa passion pour la pop des 80’s et 90’s. Une atmosphère que l’on retrouve, par bribes, dans ce premier EP.

Même si la météo nous dit le contraire, il reste bien un coin de France où il fait beau et chaud et vice-versa. Une petite bourgade rangée dans un coin entre Amérique du Nord et Sud : Pointe à Pitre. La petite ville de 15000 âmes donne son nom au premier titre de l’EP. Ambiance estivale, cocotiers et ces chaussures étranges qu’on appelle des tongs. Un morceau qui s’installe comme l’invitation à la suite oscillant entre tropicalisme et machinisme dans un mood relativement joyeux.
Puis vient ce second morceau. Un début qui ferait dire à Philippe Lavil qu’il tape sur des bambous et que c’est numéro un. Pourtant, Solarium ne se limite pas à cet aspect guadeloupéen et devient de plus synthétiques avec des sonorités plus numériques. La plage est loin, là on est en club.  On danse sur les rythmes effrénés en gardant cette serveur dans un coin du regard. Scaramanga s’entame et la serveuse est avec nous pour profiter d’un lever de soleil sur une plage de la Pointe des Chateaux. C’est doux, c’est calme et avec juste assez de relents de la soirée pour ne pas trop vite céder au romantisme.
L’EP s’achève avec un remix de Dersee. Retravail total de Pointe à Pitre dans une atmosphère digitale. On a sans doute quitté la Guadeloupe et cette mystérieuse serveuse pour venir s’abriter de la pluie dans un club bourré de néons où le DJ nous fait valdingué sous un trip de patterns numériques. Le tout avec des images de ces belles vacances dans cette France de l’autre côté de la mer.

Au final, Azur c’est une promesse de soleil, de sable et d’autres délices réservés aux estivaliers et autres touristes. L’artiste nous promène dans ces ailleurs espérés et le remix nous fait revenir à une réalité plus grise. C’est cool et surtout, ça fait moins loin et moins peur qu’un voyage en avion avec les escales relous qui vont avec. Voyageons immobilement.

Pieral Gue


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