Feynman revient avec Air

Et beh… Ils ont coupé l’hiver, mais il pleut encore. Vraie galère des médias qui ne savent plus de quoi parler. Entre une moustache et une paire de palme, on s’est tous fait complètement niquer par la météo. Ça sort les parapluies et soudainement les bottes l’Aigle reviennent à la mode. Lagerfeld et ses potes ne l’avaient pas vu venir. Ouais, il pleut. Ouais, ça mouille. Mais franchement, ce n’est pas en rentrant ta tête dans les épaules que tu vas être au sec. Nan… prends un 20 minutes et mets le au-dessus de ta tête. Sûr qu’il s’accordera avec tes superbes chausses de caoutchouc vert au bout de 20 minutes (sic) sous la flotte. Bref. Je pensais avoir perdu cette manie de commencer mes articles en parlant de bails inutiles plutôt que de chercher à faire une introduction idéale. V’là le délire. J’en oublie la bienséance des cours de philo, français et géo. Tu vois, cher lecteur, je pense à toi à chaque fois que j’écris et j’aimerai s bien capter toute ton attention sur tel ou tel artiste avec un « chapeau » d’article qui va bien. Tu l’as compris, je parle de pluie, comme tout le monde aujourd’hui. Quelques alexandrins et une rime plus loin, voilà qu’on parle musique.

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Cette rédaction d’article est une vraie banqueroute avant même d’avoir commencée. Va falloir qu’on se rattrape. Sans transition (et respect ?), on passe au sujet de l’article. J’ai nommé Feynman. Non, pas le physicien quantique, mais le magicien du son. Yoann, de son prénom, fait partie de ces gens trop peu connus, trop magiques et qui restent du côté des légendes urbaines cachées derrière un ramassis de débat sur les choix artistiques. Et pourtant, le talent est là. Que ce soit en duo avec son acolyte Monomotion (déjà croisé sur le label Fake Music) avec lequel il laisse exploser une noirceur qui fait passer les loulous de Bromance pour des VRP de lessive Omo ou en live pour un voyage funk avec son précédent EP (ici), Feynman c’est le talent de l’évocation musicale. Illusions, c’était un peu la plage et les cocktails sur un sable qui brûle les pieds et, avec Air, c’est le moment où tu peux lâcher ces choses que tout le monde appelle des tongs pour glisser ton pied dans le sable.

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Dès la première minute de l’album et son premier morceau, j’ai capté qu’il serait difficile d’en parler. Ou alors à partir dans des métaphores complètement hallucinées. On pourra parler d’un road trip qui fait écho à celui de Illusions, mais on resterait dans une comparaison trop audacieuse par rapport à la maîtrise que Feynman met dans ses productions. Le moindre petit détail est là pour une bonne raison et fait de cet album une petite leçon de ce que l’on peut faire en matière de musique électronique. Après le soleil de lover qui se couche sur le sable 1-800MYLOVE, semble faire recommencer l’album dans une atmosphère plus nocturne. Un contraste continu qu’on retrouve entre chaque morceau qui fait baigner l’album entre le jour et la nuit. Même s’il est possible d’y voir une atmosphère plus sombre, le vocal ne cesse de nous ramener à la lumière. La touche de Monomotion sur Time n’est pas étrangère non plus. À peine revenu de ce Dark Side Of The Moon, on sent qu’il a envie de nous embarquer avec lui dans d’autres aventures spatiales. Priez pour nous alors qu’on fait notre retour sous la pleine lumière de Feynman. Tempo doux et groove soyeux nous accompagnent et nous quittent au long des derniers morceaux de l’album pour faire continuer ce contraste total entre chaque morceau. Feynman prend également un malin plaisir à se balader entre les genres musicaux : future bass, pop, synthwave, électro et peut être chill. Autant de cases à cocher pour le sondage de fin d’écoute.

Certains s’amusent encore à noter tel ou tel album avec des étoiles, un chiffre ou tout autre symbole débile pouvant estimer la valeur d’un album. Partons dans la disruption, levons nos majeurs. Quand on écoute Air, la seule notation valable qui vienne en tête c’est plage/20. Même si la pluie continue, Feynman nous fait rêver d’autre chose qu’un foutu hiver indien et, ça, c’est vraiment cool. Et, pour terminer sur une bonne note, à défaut d’être vu à son niveau, le producteur parisien vient d’entrer dans le club fermé des loops youtubes avec une version de 1 heure de The Farewell Courtyard. Croyez-le ou non, on a dû relancer le lecteur pour finir cet article. L’album sortira le 10 juin et est déjà en précommande chez votre dealer de son favori.

Y’a vraiment plus de saison ma bonne dame…
Pieral Collado


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pieral

Chat du net et rédacteur du réel passionné de musiques plus ou moins intelligentes, de jeux plus ou moins compliqués et de culture web plus ou moins NSFW.

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2 Réponses

  1. John dit :

    Excellente critique. Bien vu avant les autres. Je pense que FEYNMAN c’est une perle qu’il faut aller chercher au fond des méandres de la musique électronique. Mais comme toutes les perles elle est difficile à dénicher.

  1. 28 février 2017

    […] beatmaker d’Anna Kova – avec la voix d’Astrid Engberg, dont on vous parlait déjà ici. Anna Kova aussi, qu’on avait rencontré lors de la sortie de son album Pigments (où l’on […]

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