​ZEROLEX – Family Tree

La famille. Un terme bien générique pour parler de nous, nos racines ou une attache à quelques groupe plus ou moins obscurs. Si tout le monde n’a pas d’oncle ou de parrain répondant au nom de Tony, on partage tous, plus ou moins, une affiliation à une famille. C’est sans doute l’un des trucs les plus répandus sur notre caillou.

Bref, c’est nos racines, nos origines et tout un tas de truc plus ou moins philosophiques. Je vais pas chercher à aller plus loin à ce sujet, chacun pourra se faire sa propre idée. Et, pour être franc, vu ce que je voulais vous présenter aujourd’hui, parler de famille pour commencer n’était pas inévitable, mais ça aide vachement.

Pour rester dans le thème, direction Besançon. Si la ville a une sacré culture gastronomique et des petits plats qui font plaisir, elle est aussi le foyer d’une famille assez influente sur la scène du beatmaking français. « Bes’Town » est très vite devenue le terter de quelques artistes qui mériteraient qu’on se penche plus souvent sur eux et leurs productions.

zerolex

C’est le cas de Zerolex, artiste déjà repéré pour ses collaborations avec Superpoze (Porto Pical) ou Holy Two plus récemment et qu’on réduit très (trop ?) souvent à sa présence au sein du boys-band Cotton Claw. Mais le beatmaker est aussi très doué pour agir en solo. Il le prouve une nouvelle fois avec un single à sa sauce qui vient tout juste de sortir : Family Tree. Un morceau que les plus attentifs ou connaisseurs  auront certainement reconnu puisque Zerolex l’avait déjà joué sur un toit au petit matin de la fête de la musique à Charleroi dans un état où le sang est en infériorité avec l’alcool.

Un simple titre qui en dit long sur sa maîtrise de la MPC avec laquelle il produit, mais aussi sur la marque de fabrique du jeune producteur : le sampling comme un art. Toute la discographie de Zerolex porte cet héritage musical constitué de samples plus sombres les uns que les autres. Zerolex c’est un peu le mec qui fonce dans le rayon sombre et poussiéreux que même les vendeurs de la FNAC ne connaissent pas pour dénicher quelques secondes d’un morceau que seuls les connaisseurs connaissent (sic). Véritable aventurier du sample perdu, il a toujours pris un malin plaisir à dénicher des samples pour les retravailler et se les accaparer sans qu’on s’en rende compte.

Family Tree en est la preuve parfaite. Au-delà de son atmosphère contrastée entre sons digitaux rugueux et mélodies plus harmoniques, le morceau incarne le combo parfait entre le vieux et le contemporain. Une preuve que l’on peut faire de la bonne confiture dans les vieilles marmites. Il suffit de chercher un peu (ou de demander à l’artiste lui-même) d’où vient quoi pour se rendre compte que Family Tree est un condensé de l’héritage musical de Zerolex.

Les paroles de Family Tree — qui ont d’ailleurs donné ce nom au morceau — viennent d’un morceau étrange trouvé au détour d’une suggestion youtube.

Plus discrètes mais toujours là, les notes de synthés qu’on peut entendre au long du titre viennent, elles, d’une compilation de sons utilisée par la NFL pour le Superbowl de 1981, on retrouve aussi quelques sons de batteries tirés d’un album de jazz de l’époque où l’homme marchait sur la Lune. Pour un morceau qui sort en 2016, on se retrouve déjà avec trois décennies de musique. Si vous avez l’oreille attentive, comme un certain JB que je salue, vous pourrez sans doute déceler une ressemblance avec le fameux Cry Me A River de Justin Timberlake. Rassurez-vous. Ce n’est pas un sample. Pas cette fois.

Family Tree est ainsi l’exemple de l’affiliation musicale du producteur et de son talent à utiliser ses influences pour déboucher à un morceau qui prend des allures « tubesques » et qui sort sous le format single qui a fait le bonheur des majors dans les années 2000. Comme pour respecter la longue tradition des sorties de l’époque, Zerolex n’arrive pas seul et nous propose de découvrir Oblique sur un remix. L’artiste s’est occupé de déstructurer Family Tree pour lui donner un aspect complètement différent de celui de la face A en lui donnant une ambiance musicale proche d’un morceau de Lorn, bercé entre des sons organiques, des ambiances oniriques et un petit je-ne-sais-quoi assez sombre.

Au final, Family Tree est un peu le son de la rentrée pour Zerolex. Un retour studieux dans le studio avec de belles actualités à venir. En plus de la sortie du prochain Cotton Claw dont il fait définitivement partie, le beatmaker nous réserve aussi une belle surprise avec un album prévu pour novembre.

Pieral Gue