Interview : Anna Kova

Après un premier EP, My Heart Ain’t Wrong, sorti en 2014, Anna Kova nous revient avec Pigments, second volet qui confirme définitivement que la chanteuse n’a pas fini de faire parler d’elle.

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Pour commencer je voudrais que tu nous parles un peu de la réalisation de ce deuxième EP, notamment en comparaison au premier.

Les deux sont sortis en auto-production, mais pour le second, j’ai monté mon propre label, Faithful, avec ma propre petite équipe. Donc toujours en autoprod’, mais de manière plus efficace, plus entière. Et puis c’est vrai que je suis très bien entourée pour ce second opus, je suis assez chanceuse pour ça.

Au niveau du processus de composition, comment ça se passe ?

Cet EP, ça doit faire deux ans qu’il est écrit. Evidemment, au départ il n’était pas du tout dans l’état ou vous allez l’entendre (rires). Il a été sculpté, épuré, pour garder le noyau, l’essentiel. C’est ce qui a pris le plus de temps. J’ai la chance d’avoir des musiciens scandaleusement talentueux. Ca part souvent des prod’ de MIM, et je viens par la suite. Soit, certains morceaux ont été faits dans le sens inverse, ça commençait par mes compos au piano et MIM arrivait après. Seb Lawkyz et David Monet, bassiste et claviériste, sont arrivés par la suite, et ont énormément arrangé de leurs côtés aussi. Ce n’est donc que logique que cet EP s’appelle Pigments vu le nombre de couleurs qu’il y a dedans, le nombre d’influences, de gens qu’il y a dessus. En live aussi, c’est quelque chose qui n’a fait que s’étendre, la famille est devenue très grande puisqu’on est 6, avec deux choristes qui se sont ajoutées. Ca donne quelque chose de plus organique, ou j’essaye d’avoir une fusion entre l’électronique au sens « ordinateur » et l’organique au sens « voix et instruments ».

Après, au niveau de la composition en tant que telle, vu que ce projet a commencé en live, c’est vraiment parti de MIM et moi, donc évidemment beaucoup de choses sont sorties du live. Il y a aussi des éléments qui se sont trouvés en impro, en répète. Ca dépend en fait, rien n’est figé.

Il est un peu plus électro que le premier …

Complètement, plus synthétique.

… mais il garde ce fil conducteur ancré dans le hip-hop/Jazz/soul, dans la mouvance de mecs comme Guru ou Robert Glasper. Ce sont des courants qui te parlent ?

Mais carrément ! Ce sont des gens que j’écoute, avec qui j’adorerais collaborer. Robert Glasper c’est un de mes piliers dans la musique. Il a une justesse, une créativité, il arrive à faire rencontrer les styles, fusionner les genres, tout en restant cohérent et unitaire. 
Je suis contente que tu me dises ça, que cela ne soit pas complètement différent. Même si l’EP est plus électro, plus bassy, ma voix reste « soul ».

Et des groupes plus dans « l’actu » comme Hiatus Kaiyote ou Snarky Puppy ?

J’adore ! Je suis assez issue du jazz et de tout ce qui en découle, la soul, le blues, le hip-hop par la suite. J’ai même beaucoup bossé sur du gospel. Donc oui, quand tu me parles de Snarky Puppy, je m’y retrouve. J’aimerais bien par la suite partir dans cette direction, même si c’est un peu dur de tourner à 20 (rires)

Et ce n’est pas parfois difficile de trouver une cohérence, un fil conducteur, avec toutes ces influences ?

C’est toujours assez sincère. Je suis contente d’avoir ces armes là avec moi, de pouvoir dire des choses sur un morceau très rap comme sur quelque chose de plus doux, plus jazz, avec des structures plus complexes. Après, il y a des choses que je serais incapable de faire ! Par exemple, je ne me vois pas faire du rock, même si j’en ai beaucoup écouté, ce n’est pas quelque chose que j’arrive à sortir de moi.

Tu as une formation classique, puisque tu as étudié au conservatoire. Ca n’a pas été trop dur de sortir de ce « carcan » classique, pour se rapprocher de quelque chose de plus instinctif, peut-être plus improvisé ?

Oui c’est vrai que ce n’est pas facile. Après, personne n’a envie de passer des heures en cours de solfège et théorie, en tout cas ce n’est pas ce que je préfère (rires). Mais c’est ça qui m’a donné les clés pour écrire, qui m’a donné le piano, qui m’a permis de pouvoir composer. Je pense que c’est quelque chose d’essentiel de revenir aux bases. Le classique restera toujours dans mon coeur, c’est brillant. Je ne sais pas si un jour je chanterai un air lyrique sur scène (rires), mais ce sont les bases, et je pense qu’il faut les avoir.

Tu as pas mal tourné cet été, à la Cigale pour Converse avant-poste, ou avec Synapson. Tu as d’autres dates prévues pour les prochains mois ?

Oui ! Une belle date prévue le 25 novembre à la Maroquinerie, viens !

Et d’autres projets, au-delà de la sortie de l’EP ?

Oui ! Des collab’ qui arrivent… Je ne peux pas tout dire, même si j’en ai très envie. En tout cas pleins de surprises arrivent, dont je suis très fière.
Sinon il y a un nouvel EP qui va sortir courant 2017, qui est quasi terminé. Il sera plus organique, plus instrumental. Une nouvelle page va se faire, peut-être un nouvel album.

Tu ne voulais pas relier ces deux EP directement en album ?

Non, parce que si je présente un album, j’ai vraiment envie que ça soit concis, précis, lié du début à la fin. Peut-être un album concept. C’est quelque chose que j’adorerais faire. Des trucs à la Kendrick Lamar, qui sont juste déments. Je préfère attendre et sortir les choses comme il faut. J’écris énormément, il y a pleins de morceaux qui restent dans mon ordi à jamais. Je préfère prendre le temps d’écrire quelque chose qui reste, s’ancre dans le temps. Ca, ça m’est important.

EP PIGMENTS

Sortie le 23 septembre 2016 sur Faithful

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2 Réponses

  1. 28 février 2017

    […] – avec la voix d’Astrid Engberg, dont on vous parlait déjà ici. Anna Kova aussi, qu’on avait rencontré lors de la sortie de son album Pigments (où l’on retrouve Lawkyz à la basse), viendra poser sa […]

  2. 25 avril 2017

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