Interview : Guts

Nous avons tenté de challenger Guts avec une interview sous forme de formulaire d’autorisation de délirer, rempli de questions auxquelles il faut répondre avec de la punchline et du piment. Coup sur coup, tel un Rocky Balboa au meilleur de sa forme, Guts nous a sonné avec des réponses de boxeur à chapeau de paille, avec d’une main, le gant de boxe, de l’autre un cocktail avec un p’tit parapluie.

 

 

1/ Pensez-vous que la musique, dans le futur, pourra être remplacée par un truc beaucoup mieux ? Comme le minitel par internet…

Si jamais on peut remplacer l’air qu’on respire par un truc beaucoup mieux alors une illusion naitra en moi à l’idée de pouvoir remplacer la musique par un truc beaucoup mieux mais j’espère ne pas connaitre cette illusion.

2/ Nietzsche a dit « la vie sans musique serait une erreur. » J’ai même envie de dire « la vie sans Beach Diggin serait une erreur. » Non ?

A ma connaissance, Nietzsche n’était pas très adepte de plages sauvages et secrètes mais je pense que la vie sans la plage serait une erreur, donc si tu fais Guts + Nietzsche = Plage + Musique = nous avons absolument besoin de plage et de musique mais on ne s’en rend pas toujours compte, la musique et la plage ont des vertus bien connues… Par contre, je peux témoigner, la vie sans téléphone portable est encore plus belle… Donc au final, je préconise une journée par semaine sans portable et une autre journée par semaine de Beach Diggin.

3/ Avez-vous déjà fait l’amour sur vos propres compiles ?

J’aimerais attirer votre attention sur un point. Depuis que nous sortons les compilations Beach Diggin en France, cad depuis 4 ans, nous sommes passés numéro un en Europe devant l’Irlande sur le taux le plus élevé de natalité. Il va sans dire que notre concept de compilations a joué un rôle important sur les naissances et rapports amoureux ces dernières années.

4/ Vous avez fait le tour du monde pour récolter tous ces sons. Qu’est ce qui est le plus impressionnant ? Découvrir de nouvelles cultures riches de musiques qu’on n’avait pas envisagées ? Cumuler des miles plutôt que des points sur sa carte Franprix ?

Alors pour être honnête, le tour du monde, c’est la distance qui a entre la porte de chez moi et le bureau de poste, c’est à dire 300 mètres car une partie des disques ont été achetés à distance à des dealeurs de vinyles à travers le monde.

Effectivement, une partie des disques a été achetée à travers mes voyages. Ce qui me fascine le plus, c’est d’aller dénicher des boutiques obscures de vinyles et de sympathiser avec les patrons de ces même boutiques. J’aime connaitre leurs histoires et leurs parcours. J’aime évidement qu’ils me fassent découvrir des perles et des musiques obscures.

Le dernier patron de boutique qui m’a marqué était un vieux monsieur à Sao Paulo qui avait racheté toutes les collections de vinyles de son quartier et de DJ à la retraite, il les a soigneusement gardées au chaud pendant des années avant de ressortir toute sa collection de vinyles et de faire fortune…

5/ Léo Ferré disait « les gares c’est con SNCF, je préfère les trains de la NRF (…) je préfère ma taule et mes bouquins, je voyage en douce ça me coûte rien ». Est-ce qu’il y a des livres, des œuvres autres que la musique (je pense au travail de Mambo) qui vous stimulent, vous inspirent, vous font chavirer ?

Ce qui me stimule, c’est ma vie d’insulaire avec ma femme. La cuisine, le sport et les voyages sont mes autres passions en dehors de la musique. Bien sûr les oeuvres visuelles de Mambo m’inspirent et le street art en général, pratique artistique issue de notre culture urbaine et hip hop.

6/ Comment vous est venu l’idée de cette compil ? Quels sont vos projets à venir ? Ça vous surprend que je pose aussi de vraies questions comme un vrai journaliste ?

Oui, je suis surpris par ce genre de questions totalement hors sujet et bien trop professionnelles pour moi…
Restons sérieux mon ami…

7/ Ma grand-mère disait qu’être artiste ce n’est pas un travail, que c’est pour les fantaisistes. Vous considérez-vous comme un fantaisiste ?

Je pense que nous devons d’avantage écouter nos grands parents et les seniors en général. La transmission se perd de plus en plus entre les générations, c’est bien dommage.

Nous sommes tous des fantaisistes, la différence, c’est l’interprétation que les gens vont faire de notre art. Certains artistes vont être pris au sérieux car ils renvoient une image authentique, vraie et d’autre vont passer pour des imposteurs, des charlatans ou des artistes peu talentueux… Donc, l’image et le message qu’on renvoie peut être absolument et complètement subjectif…

J’ai essayé de répondre sérieusement aux questions mais ça n’a pas été facile…