Le pot-pourri 2016 : Trendhustler n’a pas votre temps

Le mois dé décembre, ses cadeaux de Noël, son vin chaud, son « Maman j’ai raté l’avion » à la télé et ses classements musicaux de toute part. La dinde et le sapin sont passés, les réunions de famille aussi. Et cette année, on a même Hanoucca qui s’est invité à la fête en même temps que les autres.

Tu te doutes bien qu’avec tout ça, Trendhustler allait être de la partie mon petit.

On se met d’accord d’entrée, pas besoin de revenir sur le mauvais karma de 2016 hein, des fois que ça le chaufferait de revenir en 2017…

On va plutôt se pencher sur les quelques heureux qui auront réussi à nous faire penser que peut-être il y a encore quelque chose à espérer de notre époque.

Et puisqu’on est dans le thème de Noël, on a donc rassemblé nos 17 apôtres de l’année (17 parce qu’on arrive en 2017 et que j’avais vraiment pas envie d’enlever un apôtre pour tomber à 16 et rimer avec 2016) autour de la joyeuse Cène de Trendhustler.

2017, on arrive, j’espère que tu vas relever niveau car chez Trendhustler, on n’aura définitivement pas le temps de niaiser.

 

  • L’évangile selon Kanye : je commence par le saint des saints  évidemment: The Life of Pablo. Saint Pablo. Pour Ultralight Beam et son gospel qui filera toujours les frissons quoi qu’on puisse dire. Pour Famous. Et son clip. Pour Fade. Et son clip (et pour Teyana Taylor aussi). Et parce qu’à la fin, c’est toujours Kanye qui gagne.

  • L’évangile selon Chance The Rapper : la continuité DE The Life of Pablo. La face B. Si Kanye expose ses tourments dans The Life of Pablo, Chance y apporte des solutions dans son Coloring Book. L’ensemble paraît si simple et évident qu’il en devient déconcertant. Coloring Book, la bible de l’année. La messe est dite.

  • Le cousin cool du Canada : et non il ne s’agit pas de Drake. Mais de Kaytranada. Si vous tentez de chasser le cool, il reviendra au galop avec KayKay. Un album de producteur qui s’écoute comme un album pop ou r’n’b (c’est-à-dire en boucle) et surtout ce p***** de morceau avec Craig David ! Ah et les clips aussi ! Parce que ouais, en plus de tout ça, le mec fait des clips grave cools.

  • Frank « Jesus » Ocean : le retour de l’enfant prodigue, l’arrivée du messie, la résurrection, le tout Nikes au pied, le regard « Blonde ». Une fois l’excitation, l’attente, la crainte passées, que reste t-il de tout ça ? Un très bon album bien sûr. Qu’on ne va pas écouter tous les jours. Qu’on va peut-être oublier de temps en temps. Mais qui est là, qui est beau et qui est important. Et parce que c’est Frank bordel.

  • WORK, WORK, TWERK : le travail c’est la santé. Twerker c’est la conserver. Et ce n’est pas Rihanna et Drake qui diront le contraire.

          *Memorable quote : « if you had a twin I will still choose you ». Et aussi parce qu’ils n’ont pas eu leur place autour de notre Cène pour leurs               albums solo mais qu’ils ont quand même vachement mérité d’être au moins invité autour de la table.

  • Sainte Solange : en parlant d’invitation, passons justement à celle qui a complètement mérité son « siège autour de la table », la sublime Solange. Son album « A Seat At The Table » (du coup c’est bon vous l’avez pour le jeu de mots juste au-dessus ?) est tout simplement parfait. Mais genre vraiment. Je ne vois pas quoi d’autre ajouter en fait à part que j’aimerai trop être elle quitte à devenir nonne.

  • SAVAGE MODE : la sauvagerie n’est jamais finie. Et plutôt 2 fois qu’1. Car si pour toi 2+1 = 3, pour moi cette année, 2+1 = 21 (JCVD si tu me lis, celle-là était pour toi). 21 Savage est arrivé et a calmé tout ce jeu à coup d’ad lib du futur et de sa voix rauque et, disons le, assez suave. Savage Mode est aussi pur et puissant qu’un shot de vodka sibérienne mais ne se consomme certainement pas avec modération.

  • Skepta, l’homme de confiance : celui qui est toujours là, solide et imparable. Mec qui fait le job quoi. Et très bien avec ça. Konnichiwa c’est le genre d’album intemporel, que j’ai écoute à plein de moments différents dans l’année sans jamais me lasser. L’album qui a résisté à l’épreuve de la hype qui consiste à oublier un album un mois après sa sortie.

*Memorable quote : « ring ring pussy is your mommy on the phone? ».

  • Saint Gambino : « Cette année, oui, c’est ton année. Tout le monde te l’a répété. Tu sortiras Atlanta comme a dit Donald Glover Et Awaken, My Love comme le veut Childish Gambino ». Puis tu finiras dans Star Wars. Et il aurait été difficile de faire mieux cette année. En écoutant Awaken My Love, on se dit que finalement y’a quand même eu du bon en 2016. Et que l’esprit du funk, de Prince et des 70’s ont encore un bel avenir devant eux. L’album de l’année, c’est lui. Et la simple écoute de Redbone suffira à vous en convaincre.

  • Alerte à Malibu : avec Anderson Paak. Le premier à avoir ouvert les hostilités de 2016 avec Malibu donc, sorti le 15 janvier dernier. Une heure, 16 morceaux pour un retour et un hommage aux racines de la black music. C’est noble, c’est doux et ça réchauffe été comme hiver.

  • Le cousin cool du Canada (part.2) : Non, toujours pas Drake. Mais Jazz Cartier. Encore un produit made in Toronto mais qui fait ses armes seul, sans pression et avec un flegme déconcertant. Tout y est dans Hotel Paranoia : les tubes, les balades, l’audace et le flow. Jeu, set & match.

  • Le divin est féminin : parlons un peu d’amour dans ce monde de brut. De l’amour façon Mac Miller. The Divine Feminine c’est l’album que tu écoutes au coin du feu (ou au coin de ton canapé, on s’adapte), un dimanche avec ton sweat gris, ton mec/ta meuf à côté de toi, ton plaid et ton chocolat. Une certaine définition de la vie.

  • Le retour d’une légende : André 3000. Qui était là où il fallait être cette année, comme toujours. Avec ses compagnons de longue date : Kanye, Erykah Badu et A Tribe Called Quest. Avec les plus jeunes : Travis Scott et dernièrement avec Kid Cudi. Puis avec Frank. Et Solange. On a le droit d’espérer un album pour 2017 après tout ça ou pas ?

  • PNL, la canonisation : la légende, eux, ils y sont déjà rentrés. Et par la grande porte. Du son à l’image, en passant par les mots, tout y est parfaitement exprimé. Le spleen de 2016. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas n’a finalement que très peu d’importance ici tant il est impossible de nier cette authenticité et cette force qui les animent.

  • Noname, la nouvelle recrue : et déjà comme une évidence. Pour vous situer, c’est un peu la version féminine de Chance The Rapper. Pas étonnant d’ailleurs qu’on la retrouve sur l’album de ce dernier. Noname c’est la douceur, c’est le marshmallow dans le chocolat chaud, le petit plaisir même pas coupable. Bref, une cure de jouvence.

  • La cerise sur le gâteau : qui cette fois aura un goût d’orange sanguine. Blood Orange est arrivé cette année avec son troisième album, Freetown Sound qui dépeint à la perfection l’époque dans laquelle nous vivons et les conflits et défis auxquels nous devons faire face dans nos sociétés. Il y a un sentiment de liberté totale dans cet album, de beau mais aussi de joie et de larmes. A peu de choses près, tous les sentiments par lesquels nous sommes passés cette année.

  • « Le dernier arrivé est fan de Phil Collins » : et c’est un peu ce qu’a voulu faire Francis and The Lights cette année. On a l’impression d’être avec Phil Collins époque Genesis tout au long de l’album et, ne vous méprenez bien, c’est vachement bien. Déjà parce qu’ici, on adore Phil Collins et Peter Gabriel (vraiment) et puis surtout parce que mélangé à la sauce rétro-futuriste de Francis & The Lights avec une pincée de Bon Iver et de Kanye West par ci par là, ça donne forcément une mixture à laquelle on a envie de goûter.

BONUS : et le turn-up de l’année est attribué à….

Ont été invité autour de la Cène en deuxième partie de soirée : YG, Schoolboy Q, Majid Jordan, 070, dvsn, BJ The Chicago Kid, ABRA, Kamaiyah, The Weeknd, Jorja Smith et bien sûr le retour de Gucci Mane, plus en forme que jamais.

Sinon pour un résumé plus complet de cette folle année, la playlist est là :