Montée en puissance : Aaron Cohen voit rouge …

… Et le fait savoir. « See Red » est en effet le nom de son quatrième et dernier album.

Aaron n’est pas un inconnu chez TH. Il y a trois ans de cela, il était déjà interviewé par son homonyme, notre Esther nationale. Preuve supplémentaire s’il en est qu’aucune tendance n’échappe aux arnaqueurs que nous sommes.

Cet album s’inscrit dans la continuité de l’oeuvre de Cohen, on y retrouve l’essentiel des caractéristiques de ses productions précédentes, à ceci près que les featurings se limitent à trois artistes : les new-yorkais GodBodyWati et Bodega Bamz, et Jarren Benton, originaire d’Atlanta. Cette limitation laisse latitude à l’expression du style d’Aaron Cohen et confère à l’ensemble de l’Album une tonalité plus intimiste. On peut tout au plus se douter que l’influence Dirty South de Benton ait déteint sur la production, mais ce n’est pas pour déplaire, bien au contraire.

En effet,  la saturation cradingue des square bass sur des beats ralentis, constituant eux mêmes la structure sur laquelle des rafales de hi hats mitraillent les oreilles de nos têtes font des morceaux « Bloodshot« , « D.E.N.Y » et « See Red » de belles petites claques auditives :

Dans un style plus condensé, plus propre, les flows de GodbodyWati et Cohen se déchaînent sur des beats à la mode d’Houston (on reste dans le southside, donc) dans les morceaux « ESPY« , « Hit You » et « 24 » :

Pour ce qui est des autres morceaux, Aaron Cohen se cantonne à une synthèse bien maîtrisée entre le classicisme des codes du rap east coast (particulièrement perceptibles dans Personnal Space et City Lights) et l’incursions d’éléments électro, notamment pour ce qui est des basses et claviers. L’exagération de leur réverbération rend l’instru plus caverneuse et donne plus de profondeur à la performance.

Autant de différentes manières de mettre en exergue une prose riche, encapsulée dans un phrasé et un flow polymorphes, s’adaptant aux différents styles composant l’album avec une agilité que Cohen n’a plus à prouver.

Concert à Paris le 8 mars (le 9 mars à Sannois et le 8 avril à BoulBil)

Sauvez les dates, les fanatiques !