The blackest Joy : le dernier album d’Akua Naru (+ concert)

Akua Naru rullz da game depuis un petit moment, dans le milieu du hip hop, comme TH te le faisait déjà remarquer jadis. La sortie récente de son troisième album ainsi que l’annonce de son concert le 2 juin à la Maroquinerie sont l’occasion de rappeler qui est l’artiste, revenir sur son parcours et son oeuvre.

De Latanya Hinton à Akua Naru

C’est dans une petite ville ouvrière du Connecticut que Latanya Hinton grandit. Baignant dans le gospel pendant toute son enfance, c’est tout naturellement que la petite Latanya est tentée de s’initier au hip hop, malgré quelques réticences familiales. Celles-ci ne l’empêchent pas d’affiner son style, et par la même sa conscience politique. Le mouvement Hip Hop est en effet, par certaines de ses composantes, intimement lié au prolongement de la lutte des droits civiques et à l’activisme afro-américain.

Latanya Hinton, aka Akua Naru s’intéresse alors aux penseurs du panafricanisme (Frantz Fanon, Malcolm X, Angela Davis ), ce qui imprégnera son oeuvre d’une africanité revendiquée, tant dans le propos que dans les choix artistiques ou encore les collaborations.

 

L’oeuvre d’Akua Naru

C’est en 2011 qu’Akua Naru sort son premier album : The Journey Aflame. Bien que premier, cet album témoigne déjà de la solide expérience de Naru dans le milieu du hip hop : la Mc sait poser sur un beat, s’entourer de compositeurs talentueux et mener à bien des collaborations avec des artistes qui, bien que raccords avec ses aspirations, n’ont pas forcément le même univers : le morceau « Tales of Men » constitue ainsi une parfaite symbiose entre un beat très marqué, les sonorités des instruments traditionnels joués par les musiciens du groupe ghanéen African Footprint, et le flow tout en nuances d’Akua Naru. Par ailleurs, l’EP « Nag Champa » est une tuerie. Une instru chiadée, avec des orgues, des cuivres, une ligne de basse et une distorsion de gratte qui ne monopolisent pas la sonorité du morceau, bref, que du bon.

L’album est à l’image de l’artiste : une direction artistique très très hip hop, maîtrisée de bout en bout avec quelques incursions fusion / musique traditionnelle africaine qui  -en plus d’un engagement envers les artistes féminines dans le hip hop (EP. « The World is listening« )- témoignent du crédo d’Akua Naru.

 

Le deuxième album, sorti en 2015 reste dans la même veine : The Miner’s Canary voit le style de Naru s’affirmer d’avantage : une pensée et un propos tout aussi construits, encapsulés dans un flow plus frontal, et une production au taquet. Les sonorités Jazz et blues se ressentent encore d’avantage dans quasi tous les morceaux de l’album.

 

 

Blackest Joy : Akua renoue avec Naru

Un séjour (ou plutôt un voyage) sur une partie de l’Afrique de l’ouest fait germer dans l’esprit prolifique d’Akua Naru un nouveau projet, tout en collaborations et en mélange des genres, Le besoin d’embrasser les cultures rencontrées au gré des déplacements de ce qui s’apparente à une quête initiatique a visiblement guidé chacune des étapes du dit projet :

J’éprouvais le besoin d’inviter des personnes pour m’aider à raconter mon histoire, je voulais entendre d’autres langues, j’ai des amis qui parlent le Sesotho et le Swahili, cela me tenait à cœur d’en intégrer. En tant que personne qui se revendique panafricaine, la démarche me semblait évidente

Du beau monde apporte donc sa pierre à la (succulente) tambouille : le père de l’Ethio-Jazz Mulatu Astatke et la chanteuse ougandaise Sandra Suubi, notamment. Le portrait d’Akua sur la pochette de l’album est l’œuvre de l’artiste torontois d’origine nigériane Oluseye.

Les morceaux disponibles à l’écoute confirment la teneur de l’album telle qu’elle a été promue. Les clips des morceaux « Made it » et « My Mother’s daughter » célèbrent l’Afrique et l’identité noire chacun à leur manière à travers une photographie impeccablement travaillée, aboutissant à un rendu esthétique tout en couleurs, en mouvements et en émotions. « Made it » chante la vie sur un air confinant au New Jack là où « My Mother’s daughter » prend des accents plus ambigus et oniriques. Des tonalités différentes, donc, au sein d’un même projet, comme autant de facettes d’une personne se livrant dans un album au final intimiste, ce qui n’est pas pour déplaire.

« Blackest Joy » est déjà sorti il y a un petit peu moins d’un mois, mais pour les fanatiques, une seule date : celle du 2 juin, et ça se passe à la maroquinerie. Sauvez la bien cette date, d’autant que des places sont à gagner chez TH !

Il vous suffit d’envoyer un email à contact@trendhustler.com, avec NOM + PRÉNOM, Objet : Akua Naru – Jeu Concours. Un tirage au sort aura lieu afin de désigner les heureux gagnants. Un email vous sera envoyé la veille de l’évènement.