Skyzoo & !llmind – Live From The Tape Deck

Skyzoo, c’est mon chouchou.
Découvert à un premier public d’avertis en 2007 par sa mixtape Corner Store Classic suivie de sa version remixée, il signe chez Duck Down Records peu de temps après pour y sortir son premier album solo: The Salvation – à mon avis, un des meilleurs albums de 2009.
C’est en fouillant la discographie du bonhomme qu’on y trouve son premier album studio, une collaboration avec le producteur-prodige 9th Wonder: Cloud 9: The 3 Day High. Les deux artistes s’étant enfermés pour 3 jours de beats, rhymes and high, pour ressortir avec un album de 12 titres qui fleurait bon le hip-hop underground.

Le nom d’Illmind – aussi écrit !llmind – réveille moins les souvenirs, mais un simple coup d’oeil à sa discographie fait trembler les plus courageux. D’abord embauché par Sha Money XL (président de G-Unit), il produira pour des artistes comme 50 Cent, Eminem, Redman, Scarface, LL Cool J, Talib Kweli et d’autres encore. Puis en solo, il travaillera avec Little Brother, Boot Camp Clik, KRS-One & Buckshot, Sean Price… Une carrière bien remplie, et une série de production sur des albums de qualité, voilà un CV qui impressionne!

C’est alors que cette année, Skyzoo récidive l’expérience un MC, un producteur et sortait il y a quelques semaines, toujours chez Duck Down, l’album Live From The Tape Deck. On y retrouve le même sentiment strictly hip-hop qu’on avait trouvé sur Cloud 9. Un album qui sent le vintage, qui donne envie de se recopier la cassette et de la jouer à fond dans son ghetto blaster.
Un sentiment d’ailleurs avoué par Skyzoo: « A l’époque, c’était toujours comme ca. Regardez Eric B and Rakim, EPMD, NWA, A Tribe Called Quest et les groupes comme ca – vous aviez un seul producteur avec un seul son et un seul thème. C’est cet esprit-là qu’on a recherché avec ce projet. » Skyzoo se souvient avec un brin de nostalgie de l’époque ou les labels sortaient des cassettes et que le hip-hop donnait moins cette impression de corruption et de pourrissement, regrettant l’époque ou l’on se ruait au magasin de disques pour écouter les nouvelles sorties et repartir avec la cassette dans son walkman.
Mais n’allez pas croire qu’on vous propose un old school revival! Loin de la, les deux compères font montre d’une qualité de composition et d’écriture, de production et de flow tellement avancée qu’on croirait déjà être débarassé de 2010. D’après Illmind: « Ca ne va pas être un album typique, vous savez – ca va être honnête. Pas de nostalgie. Pas de retour au boom bap. Ca va être du son de 2010 avec un des meilleurs MC du moment. »
Je crois que cet album peut difficilement être mieux résumé.

Skyzoo fait preuve à travers tout cet album de sa qualité et de sa prolixité de rappeur: 12 textes tellement fournis et techniques qu’!llmind lui demande, pour le dernier titre, de faire simple, « walk it through like, no 16ths, no 24ths, just keep it going« . La production quant à elle, définitivement dans l’air du temps, empruntant à l’électronique 70s-80s, n’hésitant pas à utiliser vieux synthés et vieilles boîtes à rythmes (comme dans Speakers On Blast) côte-à-côte avec des samples de tous horizons (funk et soul, mais aussi rock ou electro). !llmind, comme Skyzoo, sait s’inspirer de ses précurseurs et de ses contemporains (J Dilla ou Black Milk pour ne citer qu’eux) tout en développant son style, définitivement underground. Agrémenté par les participations de quelques-uns des meilleurs flow du milieu (Buckshot, Styles P, Sean Price…), cet album vaut définitivement vos oreilles, et pour les vrais hip-hop heads il mérite sa place dans votre collection.

Skyzoo: Myspace / Facebook / Twitter
!llmind: Myspace / Site web / Twitter
Duck Down Records: Site web / YouTube / Twitter / SoundCloud