Pumpkin & Vin’S Da Cuero : « Peinture Fraîche »

Premiers beats, BOOM BOOM, doublés d’un synthé, assaisonnés aux congas.
Déjà l’envie de claquer la porte.
Sortir.
Écouter du son urbain dans la ville.
Marcher.
Marcher dans mon quartier.
Marcher au rythme de « Discipline ».
Se caler sur le beat précis.
Hocher la tête.
Envie de revendiquer avec Pumpkin.
Manifester contre la soupe et « Tant pis pour l’audimat ».
Avec le beau temps ;) de ce lundi de Pâques, le casque vissé sur les oreilles, faut profiter.
Les deux minutes du premier titre sont trop courtes.
ENCORE.
Sortir de Montmartre, encombrée.
Plus vite.
« Louder » est parfaite dans le bus.
Passer de Place de Clichy à Barbès comme on sortirait d’un Manhattan imaginé vers un Bronx idéalisé, en compagnie de Boog Brown et Rita J.
Ce style précis en descendant devant le café Royal.
Se laisser porter.
Quand tout à coup près du pont de la Chapelle surgit un orgue gospel.
« Oxygène, oxygène » martèle Pumpkin, pendant que je regarde partir les trains de Grand Central du Nord.
« Mauvaise Langue » est ma petite pépite de ce nouvel opus from Mentalow Music.
Il y a de la très très bonne vibe dans ce titre.

Faire demi tour? Pousser jusqu’au canal?
Ok! Mais appuyer sur repeat.
De l’air. Le soleil. L’eau. Les pavés. La ville.
On touche au sublime.
« Game, game over »
Ils m’ont tué. La Citrouille et son beatmaker m’ont déja mis à terre.
Wow! Reprends toi Isi.
Tu as encore neuf titres sous le coude.
Allez garçon en piste.

On se remet sur les rails avec un petit clash entre la emcee et 20Syl.
« Fifty Fifty »
Ça se chambre gentiment
« Pour qui tu t’es pris ma grande? Nicki? Missy? »
« Quoi? Toi qui n’a pas le poids d’un demi Biggy »

En fond, la touche C2C est bien présente.

Le long du canal je suis pris d’un doute.
« C’est quoi ce tictac? J’ai merdé dans ma playlist??? »
8 secondes de doute.
8 secondes de « Tictac ».
8 secondes de métronome.
8 secondes pendant lesquelles je pense à Cocorosie.
Puis à la neuvième seconde un monsieur me parle.
« Le Tictac est au centre ».
Je pense à Deleuze et au « Voyageur » de Heldon, mais aussi au monsieur des 45 tours Disney.
Celui qui t’explique la clochette pour tourner la page.
Ah! Un beat.
Puis des nappes.
En 1’38, je suis passé de Cocorosie à Deleuze via Disney.
Je finis même avec une touche de Lefdup & Lefdup.
En 1’38, j’ai voyagé.
Bel exploit.

Tiens! Ça je connais.
J’ai déjà entendu ce morceau.
Le duo Pumpkin/Da Cuero fait bien son boulot.
Ils savent teaser et il y a quelques mois « L’encre » était venu nous chatouiller les oreilles et les yeux.

Tourner à droite.
Rue des Récollets.
Ouais, parce qu’on papote, on papote, mais moi je marche.
Un pied après l’autre.
« Step one, step two »
Une belle madeleine à croquer en remontant vers la Gare de l’Est.
Pas envie de lui dire au revoir.
Plein de souvenirs, de nostalgie de ces sons fin 80’s, de cette guitare, ces saxs et les scratches de DJ Lyrik.
« Tout n’est pas si facile… »

Devant la gare des cordes asiatiques me saisissent.
Surprenantes.
Je pensais glisser doucement sur les derniers titres, comme dans un cocon. En terrain connu.
Mais Vin’S me fait des petites surprises à chaque morceau.
Plutôt que le Spleen, je suis plus dans l’évasion.
Les nappes de « Got this » m’ouvrent l’esprit.
Un peu trop peut être parce que j’entends Diana Ross.
Non! Je ne rêve pas.
Elle est là.
Le « remix » est parfait pour redescendre doucement en évitant le bad trip.
2 minutes avant je serais monté dans un train « Destination Anywhere » mais Diana me rattrape au vol.
Retrouver la foule.
Se caler sur un beat.
Se remettre avec « Mouvement ».
Reprendre pied.
Reprendre la ville.
Pour mieux prendre une gifle.
« Série Noire » me prend au ventre.
J’avais eu un aperçu avec le clip.
Mais trop concentré sur les images j’avais laissé passer trop de choses.

Le flow de Pumpkin sur fond de contrebasse.
Façon spoken word limite chanson réaliste.
J’en regrette presque le beat.
Le combo Voix/Contrebasse/Orgue me convenait bien à moi.
Mais ces petits ajouts de beats, de synthés, viennent, repartent.
Je les aime bien en fait.
Un coté 80’s.
Pourquoi je pense à Détroit à ce moment là?
Aucune idée et peut être aucun rapport mais c’est ce qui me vient à l’esprit.
Après le réalisme, la réalité.
Retour aux Abbesses. Le monde. Les terrasses pleines.
Et les textes de Pumpkin.
Pour clore cet opus, elle n’oublie pas de nous rappeler qu’être rappeuse est un combat.
« Le rap féminin n’est pas un genre musical merci »
Elle nous glisse en plus un petit clin d’oeil à Claude Mc, un peu plus de 20 ans après la sortie de « Prose Combat ».
« Peinture Fraiche » se referme sur une liste de ces filles du rap.
On les croirait tombées au champ d’honneur.
Mais non.
Leur combat continue.

J’en oublie presque que l’album est fini.
Que depuis une minute j’entends la vie autour à travers mon casque.

Histoire de ne pas rentrer chez moi les oreilles vides, je me remets « Mauvaise Langue ».

Le seul défaut de « Peinture Fraiche »?
Vous faire attendre jusqu’au 18 mai pour régaler vos oreilles. (précommande Itunes)
Ça a va être long…
Oui.
Mais ça va être bon.

Pumpkin & Vin’S Da Cuero te donnent RDV le 10 juin au New Morning pour la release party de « Peinture Fraiche ». Fais toi beau.